
* AUX DENTS DE LA MORT, JE SUIS ACCROC *
– 2° PARTIE –
Chronique des films de crocodiles géants – 2ème partie
Date de sortie des films : de 1988 à 1991.
Genre : Fantastique, horreur.
Nos dossiers sur les films de crocos géants :
1ère partie : les années 70
2ème partie : les années 80/90 – vous êtes ici
3ème partie : les années 2000
4ème partie : les années 2010

Cet article vous propose un tour d’horizon sur un sous-genre du cinéma horrifique et animalier un peu particulier : le film de crocodile géant !
Si le genre de l’animal tueur est véritablement né avec l’emblématique LES DENTS DE LA MER réalisé par Steven Spielberg en 1976, un sous-genre est rapidement apparu dans son sillon, mettant en scène des sauriens à la taille fantastique.
Nous vous proposons un focus en plusieurs parties sur les principaux films, afin de brosser le tableau depuis l’apparition du genre jusqu’à aujourd’hui.
Nous ne serons pas exhaustifs. Pour cela, allez taper “liste de films de crocodiles” sur Google, et vous verrez que certains sites en recensent près d’une centaine rien que dans le genre Horreur.
Nous n’écumerons pas en entier la liste des récents films jouant à fond la carte du faux/vrai nanar bourré de mauvais goût cyniquement assumé comme SUPERGATOR (joli patronyme au demeurant), DINOCROC VS. SUPERGATOR et tutti quanti (on ne choisira que les moins pires)…
Enfin, nous ne parlerons pas non plus des films naturalistes avec animaux normaux, comme BLACK WATER (2007), ou des séries B comme CRAWL d’Alexandre Aja (2019), où les bestioles ne sont pas géantes, quand bien même ils sont intéressants, et peut-être plus stressant encore que leurs cousins ouvertement horrifiques.
Nous nous contenterons donc d’un large panorama de films emblématiques couvrant près de cinquante ans de dents de la mort géantes prêtes à croquer les écrans…
Avant de commencer, précisons tout de même que les films de crocodile ont le droit, ne vous en déplaise, de mettre aussi en scène des alligators, voire même des caïmans (mais pas des gavials, faut pas déconner)…
Au programme de cette 2° partie :
Niveau d’appréciation :
– À recycler
– À goûter
– À déguster
– À savourer


Le plus grand film d’action de tous les temps ???
1) CROCODILE FURY – 
Réalisateur : Ted Kingsbrook
Acteurs : Kent Wills (crédité Nick Reece), Sorapong Chatree, Ernest Mauser
Scénario : ?
Musique : ?
Année : 1988
Durée : 85 minutes
CROCODILE FURY est assurément le pire film de notre sujet. Une honte filmique, bricolée à partir de plusieurs films différents par Filmark, une firme hongkongaise spécialiste de la chose (le foutage de gueule). En effet, ce studio, sans rate, mélange ici des séquences tournées avec des acteurs occidentaux (dont un certain Nick Reece, mis en avant sur l’affiche) et des morceaux de plusieurs films asiatiques mélangeant les folklores, notamment à coup de vampires et autres sorcières ! Le tout est monté au petit bonheur la chance, accouchant d’un script… qui ne veut rien dire en fait !
Et c’est la cata ! qui rappelle un peu ce qui avait été bricolé avec quelques images de Bruce Lee sur le pathétique JEU DE LA MORT 2 (“je prends plein de petits bouts de films et j’en fait un nouveau avec” !). Incroyable, mais vrai !
Punaise… la vache (heuuu… je veux dire… le croco !)
Apparemment, la plupart des passages mettant en scène des acteurs asiatiques proviennent d’un film thaïlandais intitulé KRAÏ THONG 2, ainsi que de trois ou quatre autres films de crocodile du même acabit ! Inutile de dire qu’on aurait préféré voir les films en question, qui demeurent parfaitement inaccessibles !
Non, franchement, passez votre chemin. Inutile de vous infliger ça. Un copain m’avait prévenu : “Passe ton chemin. Inutile de t’infliger ça”. Et moi, “comm’un couillong” (accent marseillais de circong-stence) qui veut absolument se sacrifier pour vous en faire une chronique, je me la suis infligée…
Une purge. Et pas qu’un peu. Le mot est faible. Un euphémisme. Une galéjade…


Les deux films, ça dure 177 minutes…
2) KILLER CROCODILE 1 & 2 – 
Réalisateur : Fabrizio De Angelis
Acteurs : Anthony Crenna, Sherrie Rose, Van Johnson, Thomas Moore
Scénario : Fabrizio De Angelis, Dardano Sacchetti, Giannetto De Rossi
Musique : Riz Ortolani
Année : 1989-1990
Durée : 90 et 87 minutes
Le pitch : Dans les Caraïbes, des investisseurs sans scrupules mettent en péril l’équilibre de la jungle en déversant des fûts toxiques dans les marais. Un groupe d’aventuriers écologistes veut s’opposer à ces méfaits. Ils ne se doutent pas que les produits toxiques ont agi sur la nature, tout simplement en transformant un crocodile en… un crocodile géant !
Tout est dans le titre !
KILLER CROCODILE 1 & 2, c’est à peine mieux que le précédent. C’est-à-dire qu’en fait c’est également tout pourri !
Ici, c’est le réalisateur/producteur/scénariste italien Fabrizio de Angelis qui s’y colle, lequel ne sait ni réaliser un film, ni le produire et encore moins l’écrire ! Le mec fait un peu carrément comme l’avait fait Sergio Martino avec ALLIGATOR (le film de 1979 dont on avait parlé dans la première partie de l’article) : Reprendre tout pareil que LES DENTS DE LA MER, mais avec un croco, en y ajoutant en plus la même musique que LES DENTS DE LA MER, bricolée à partir du même thème que John Williams par un synthétiseur des familles ! Et puis, comme si ça ne suffisait pas, il fait aussi comme Lewis Teague et son INCROYABLE ALLIGATOR (première partie de l’article aussi) : il fait muter le saurien en lui faisant bouffer des produits radioactifs ! Comme ça, et bien : tatataaan ! Y’a un message politique !!!
Le mec est sûr de lui parce qu’il a un copain bricoleur (du dimanche) qui va lui fabriquer un vachement chouette spécimen de croco en patafix pour les effets spéciaux ! C’est donc parti pour deux films !
Et oui… en fait… j’ai oublié de vous dire : Le deuxième film commence là où le premier s’arrête… Ça veut dire que si vous vous engagez à affronter le visionnage de la chose, vous êtes partis pour environ trois heures de navet intersidéral…
Nonobstant, même si on se demande à quel moment le mec (Fabrizio de Angelis) a pu penser que ces deux films allaient lui rapporter de l’argent (et oui, ça laisse carrément songeur), on arrive, sur une poignée de scènes soigneusement chronométrées, à rigoler de la nanardise (j’espère, à ce stade, que vous avez saisi la cosmique et dithyrambique dimension nanardesque de ce machin !). Mais bon, trois heures quand même…
À noter, sur le premier film, la présence du vétéran Van Johnson, qui écrase la concurrence (c’est le seul acteur qui sait jouer de tout le film (et on se demande vraiment ce qu’il fout là)).
Mais enfin c’est dingue : Voilà qu’on vient de chroniquer l’un des pires films de genre de l’histoire (trois heures, quand même…), et la suite va nous démontrer qu’il y a largement pire (dans les articles suivants)…


The classical one.
3) ALLIGATOR 2 : LA MUTATION – 
ALLIGATOR 2 : THE MUTATION
Réalisateur : Jon Hess
Acteurs : Joseph Bologna, Dee Wallace, Richard Lynch
Scénario : Curt Allen
Musique : Jack K. Tillar
Année : 1991
Durée : 92 minutes
ALLIGATOR 2 est réalisé par Jon Hess en 1991 et fait suite, en tout cas officiellement, à L’INCROYABLE ALLIGATOR de Lewis Teague sorti en 1980.
Le pitch : Bon ben là c’est facile : Il vous suffit d’aller lire celui de L’INCROYABLE ALLIGATOR dans l’article précédent, parce que, à un ou deux détails près, c’est le même scénario…
ALLIGATOR 2 : LA MUTATION est un cran au-dessus des films précédent (dans l’article du jour). Mais ça veut dire que c’est juste à peine un peu moins nul !
C’est simple : lorsque le film est fini, on se demande encore pourquoi tous les personnages ont sans cesse parlé d’un “crocodile géant de la mort qui tue”, alors qu’on a fait que voir un crocodile pas du tout géant ni de la mort qui tue (en fait juste un croco normal qui flotte sur l’eau)…
La chose ressemble quand même sacrément à un téléfilm, voire un épisode d’une série TV lambda (et pas des meilleurs). Les acteurs font le job en bons professionnels (il y a Dee Wallace et Richard Lynch, quand même), mais ils ne tirent pas l’ensemble par le haut (ce sont eux, plutôt, qui sont tirés vers le bas !) et ça sent le réchauffé malgré tout. Conçu comme une sorte de suite à L’INCROYABLE ALLIGATOR (tourné plus de dix ans plus tôt !), le film est en fait un remake à deux balles, qui reprend le même script et les mêmes scènes en vachement moins bien. Et dire qu’il en est encore pour dire que le premier film est un navet !
Infligez-vous cette suite, tiens, ça vous fera peut-être comprendre à quel point le premier film est loin d’être aussi mauvais qu’on le prétend…

Le genre de film de monstres où tu es bien content quand tu arrives à voir un petit bout de monstre…
Comme on le faisait remarquer dans la première partie de notre dossier : avec seulement trois films de crocos (LE CROCODILE DE LA MORT de 1977, ALLIGATOR de 1979 et L’INCROYABLE ALLIGATOR de 1980) , le genre semble d’amblée s’être nanardisé ! C’est en tout cas ce que nous dit la suite des événements et le contenu de cette deuxième partie, puisque, durant près de vingt ans, ce sous-genre de “l’animal tueur” ne va écumer que les films de série Z (direct-to-video), voire du petit écran.
LES DENTS DE LA MORT (1987) (que je n’ai jamais vu), CROCODILE FURY (1988), KILLER CROCODILE 1 & 2 (1989-1990), ALLIGATOR 2 : LA MUTATION (1991) ; tous sont des productions fauchées plus ou moins pathétiques.
Il faut donc attendre 1999 avant que la grande déferlante écailleuse ne se remette définitivement en marche. Mais ça, c’est dans la prochaine partie de l’article…
1ère partie : les années 70
2ème partie : les années 80 – Vous êtes ici
3ème partie : les années 2000
4ème partie : les années 2010
See you soon !!!
