MAGNUS NOUS FAIT AVALER LA PILULE

Les planches magnifiques de Magnus

Les femmes de Magnus

L’excès n’est jamais bon

Lotus d’or, la jalouse

L’ombre de la maladie vient frapper le débauché

De magnifiques décors

One thought on “LES 110 PILULES”
  1. C’est effectivement très élégant, comme graphisme : chaque détail illustré demande quasi une réflexion en amont de son exécution, tellement c’est ouvragé ; ce qui est encore plus impressionnant dans le cadre de l’élaboration d’une Bande Dessinée, où prime la lisibilité de l’action en cours. À défaut de me séduire complètement (en tant qu’amateur de BD), j’avoue néanmoins être très admiratif : c’est tellement loin de ma sensibilité, cette maitrise toute entière au service de la joliesse, que j’ai le sentiment de regarder une œuvre extra-terrestre !
    Bon, ma perception de la chose étant ce qu’elle est, je ne trouve bien sûr aucune sensualité ni même érotisme à ces cases « léchées » à l’extrême -sans jeu de mots, hein ! Les quelques bouts d’anatomie qu’on aperçoit sur les scans postés m’évoquent d’avantage les planches anatomiques des cours de Science-Nat’, dans leur netteté littérale, plutôt qu’une volonté d’émoustiller. Mais, évidemment, puisqu’il s’agit avant tout d’un conte moral, c’est plutôt logique.
    Je crois bien que la première « vraie » BD un peu érotiquement orientée que j’ai lue était un Manara (à l’armée !) et, déjà, je constatais le gouffre béant entre ce qui se faisait apparemment de mieux dans le domaine, graphiquement parlant (avec Serpieri, si je me souviens bien ?!) et la vertigineuse dinguerie de mon imagination.
    Bon, il est vrai que mes premiers fantasmes (très flous et pas du tout informés ni explicites, évidemment !) concernaient Pat Hibulaire et ses Rapetous : il y avait déjà une marge démente (!) entre ce qui existait et ce qui s’entrechoquait dans ma petite tête.
    Je crois bien n’avoir jamais rien lu de véritablement cru, dans les domaines de la fesse, qui m’ait réellement « parlé », jusqu’à ce que je découvre le Manga « de genre » et tombe sur certains auteurs, aussi virtuoses dans l’art séquentiels qu’ils sont inspirés par la chose. Bon, ma culture dans ce domaine ne concerne que les Mangaka mettant en scène des gars, of course ; mais, au delà de l’efficacité (traditionnelle) de leur maitrise du médium, ils sont les seuls à m’avoir autant troublé « libidineusement »-parlant, tout en m’ayant ému et/ou fait beaucoup rire, quel que soit le biais scénaristique utilisé.
    Il n’y a qu’eux pour mettre pornographiquement en scène un improbable personnage, « chubby » comme une bouée trop gonflée, outrageusement stylisé, aux prises avec une étoile de mer aussi irréelle que lui, tout en conservant une plausibilité suffisante à la situation (suspension consentie de crédibilité, si je ne m’abuse ?!) pour qu’on ressente de concert sa joie à subir pareille étreinte surréaliste…
    Mais ça n’est qu’un des exemples les plus gaguesques qui me revient : nombre d’autres, non contents de manier le subversif avec subtilité, s’arrangent aussi pour insuffler une humanité assez réelle à leurs protagonistes pour qu’on partage leurs affres avec -au moins !- autant d’affect que pour nos héros de papiers habituels, aux mœurs sexuelles traditionnellement plus discrètes et/ou inexistantes.
    Érotisme et pornographie sont des domaines largement sous-exploités, en tant que réels discours créatifs au service de la sensibilité d’un artiste (en Occident, en tous cas…), dans le milieu de la BD. C’est évidemment du à notre héritage culturel, qui associe majoritairement l’exploitation ludique de la sexualité à une forme de décadence de l’individu. Mais ces artistes « d’ailleurs » continuent à prouver la richesse du sujet qui, exploité un peu plus positivement, peut servir à transmettre bien d’avantage qu’une simple stimulation passagère.

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