HELL’S ANGELS
Chronique de la série GHOST RIDER
Date de publication : 2008-2009
Scénariste : Jason Aaron
Dessinateurs : Roland Boschi, Huat Tan Eng & Tony Moore
Genre : Super-héros, fantastique, horreur
Éditeur : Panini
Cet article portera sur le run de Jason Aaron sur GHOST RIDER, à savoir les épisodes 20 à 35 de GHOST RIDER v.5 publiés entre 2008 et 2009 + la mini-série « Heaven’s on Fire » en 6 épisodes. Le tout a été publié dans un Omnibus Marvel en VO. Et c’est quasi 20 ans après que ce run arrive en VF en 2026 !
Ces épisodes font suite au run de Daniel Way. Ce dernier a écrit un run de 19 épisodes assez ennuyeux, la faute à une intrigue étirée sur trop d’épisodes, à des dialogues peu inspirés et un supporting cast inexistant et ce malgré de beaux dessins et des idées pas toutes mauvaises. Il aura d’ailleurs condamné la série en VF dont la publication s’est arrêtée à l’épisode 23. C’est fort dommage car Panini a stoppé cette série au moment où elle devenait intéressante, pour ne revenir s’y intéresser qu’en 2026.

Jason Aaron au départ il est arrivé en catimini chez Marvel sur des séries d’arrière-plan où il avait son style, puis en ayant du succès il a été mis aux commandes d’un peu tout : du X-men, du Thor, dans des runs interminables et souvent liés aux events qui bouleversent sans arrêt la continuité Marvel. Mais ses premiers travaux sont : « Get Mystique », une mini-série WOLVERINE, et ce run de GHOST RIDER en 2008. Et jusqu’en 2010 où il s’attaque au PUNISHER MAX, il est relativement underground comme auteur chez Marvel. Et pour ma part, j’aime beaucoup ses premiers travaux où il n’était pas encore mainstream et avait un ton bien à lui, en l’occurrence très orienté « humour noir trash » pour ce run de GHOST RIDER.
Concernant le personnage de Ghost Rider, petit rappel pour les non connaisseurs : Johnny Blaze a passé un pacte avec le Diable pour sauver la vie de son père adoptif et s’est vu condamné à devenir l’esprit de la vengeance, le Ghost Rider, un motard à la tête enflammée. J’ai toujours bien aimé le design de Ghost Rider. Mais le concept d’un esprit vengeur qui punit les criminels alors qu’il bosse pour le Diable, et qui est comme par hasard un américain opérant uniquement en territoire US alors que les entités de type dieux et démons n’ont aucune raison de se limiter à cette zone, en font un concept un peu bancal, ou du moins qui méritait d’être étoffé.

Plein de Ghost Riders des siècles passés (l’un chevauche un…requin ?)
C’est là qu’arrive Jason Aaron. Pour mieux comprendre son run, il peut être intéressant de lire la fin du run de Way (encore que je ne l’ai pas fait, donc si vous êtes malins, vous comprendrez sans) qui a tout de même eu une bonne idée avant de s’en aller. Cette idée vient bouleverser la continuité du personnage (si quelqu’un en avait quelque chose à foutre) mais est très cohérente. La révélation est que le Ghost Rider n’est pas une arme de l’Enfer mais du Ciel. Roxanne, la chérie de Johnny Blaze à l’époque (qui est à présent morte), aurait pactisé en secret avec l’archange Zadkiel pour que Johnny ne soit pas damné. Manque de bol, il l’a été quand même parce que les anges sont aussi des enfoirés. Il est donc promis à l’Enfer mais appartient à Dieu avant ça. Bien entendu, le diable ne s’est pas empressé de le dire à Blaze puisque ça l’arrangeait bien que celui-ci se croit lié à sa volonté.

Le travail de l’ombre de Zadkiel à travers le temps
Est-ce là de la rétro continuité ? Oui. Mais quand la continuité de base a peu d’intérêt ou de logique et que le personnage ne remue pas les foules, pourquoi pas ? Surtout que c’est davantage une révélation qu’une modification du passé. Et c’est d’autant plus cohérent pour un esprit punissant les criminels d’être au service du Ciel. Et j’ai envie de dire : ENFIN un auteur qui s’intéresse au concept religieux du Ghost Rider autrement qu’en le faisant se battre contre Satan. Garth Ennis l’avait déjà fait dans une mini-série ROAD TO DAMNATION en 2006. C’était sympa mais un peu court pour développer quoi que ce soit. Ennis avait cependant pris le même parti de décrire les anges comme des opportunistes narcissiques se fichant pas mal du sort des humains.
Et justement ici, Zadkiel est un pourri qui veut prendre le pouvoir au paradis en destituant Dieu. Commence un road trip nous racontant comment Johnny Blaze va tenter de le stopper et au passage se venger de cet archange. Mais avant que Zadkiel ne se soucie de Blaze, celui-ci va d’abord se heurter à ses serviteurs.

Les serviteurs de Zadkiel : des ringards et des dangers publics
Jason Aaron a su rendre intéressant ce personnage en redéfinissant complètement sa mythologie et en nous racontant le tout sur un ton décalé et sanglant. En gros Aaron ne se prend pas au sérieux et nous livre une histoire certes violente mais drôle. C’est ainsi que Blaze devra affronter des infirmières bardées de gros flingues au service de Zadkiel, un démon aux allures de poupée Barbie anorexique, des engins de chantier possédés, un camion démoniaque qui mange des gens, un colosse fanatique nommé the Deacon ou encore de vieux ennemis ringards oubliés.
Mais le plus fort, c’est cette mythologie qu’il va réécrire. Il va se pencher sur la nature des Ghost Riders. Danny Ketch, le second Ghost Rider révélé comme étant le frère de Johnny Blaze et qui avait eu droit à sa série dans les années 90 est aussi présent et tombera sous l’emprise de Zadkiel. Celui-ci lui ordonnera d’assassiner tous les autres Ghost Riders susceptibles de l’arrêter car il ne peut le faire lui-même, n’ayant pas encore usurpé le pouvoir divin. Car oui, il y a des Ghost Riders partout dans le monde de différentes religions et au look carrément cool.

Des Ghost Riders étrangers
Aaron justifiera la présence d’esprits de la vengeance au service du paradis même en Afrique ou en Asie par le biais d’une habile explication comme quoi chaque peuple, en fonction de ses croyances, perçoit différemment les entités mystiques. Et comme l’expliquera le Ghost Rider arabe, là où Johnny Blaze, personnage principal dont nous adoptons le point de vue, verra les portes dorées de la nouvelle Jérusalem dans l’au-delà, un arabe y verra les rivières et les jardins de Jannah tandis qu’un autre personnage versé dans les croyances vaudou y verra la croisée des chemins où attend Papa Legba. D’ailleurs Dieu restera invisible et sera davantage associé à un symbole qu’à une entité anthropomorphe.
La démarche est intéressante dans la mesure où cela permet un rapprochement entre les religions qui partagent malgré tout de nombreuses croyances similaires, et une richesse bien plus grande de l’univers du Ghost Rider dont la représentation ne se limite plus seulement à un vengeur américain. Blaze sera donc tout d’abord attaqué par des infirmières servantes de Zadkiel avant de rencontrer sœur Sara, une jeune femme forte qui a été entrainée aux arts martiaux dans un couvent par la mère supérieure. Oui, ça semble complètement con, mais je l’ai dit : Aaron ne prend pas tout ça au sérieux et nous livre une histoire déjantée fun. Le personnage de sœur Sara est d’ailleurs vraiment attachant. Elle est à la fois pure, chaste et honnête mais carrément féroce quand il le faut. Le contraste est assez amusant et fait d’elle un personnage secondaire que j’ai été triste de quitter à la fin de l’histoire.

Full Metal Nonette
Ce qui nous amène à l’autre force de ce run : son casting. Le problème principal du personnage de Ghost Rider c’est que seul, il n’est pas intéressant. Car trop monolithique et dépourvu d’émotions. Ici, il fera face à son frère Danny Ketch déjà davantage vulnérable et sa relation d’amour/haine envers lui rendra les deux personnages plus profonds. De même, l’ajout du personnage de sœur Sara en tant que combattante aux côtés du Ghost Rider marche vraiment très bien. Elle est là pour révéler son côté plus humain. Blaze sera d’ailleurs tenté de tout laisser tomber au cours de l’histoire, dépassé par les événements et n’ayant plus aucune raison de lutter. Sara est aussi la petite fille du caretaker, le gardien du savoir des Ghost Riders. Elle endossera son rôle lorsque celui-ci mourra.
Ensuite, le concept des autres Ghost Riders est très bien trouvé. Et nous aurons droit à des vignettes intéressantes comme un Ghost Rider tibétain qui viendra réclamer vengeance pour son peuple auprès d’un officier chinois. Ou des vignettes amusantes comme les époux Ghost Riders africains en train de forniquer sous leur forme d’esprits vengeurs (donc des squelettes en feu. So sexy !). Nous aurons aussi droit le temps d’une parenthèse à l’apparition de deux Ghost Riders du futur uniquement là pour avertir Sara d’un danger. Ces Ghost Riders sont clairement un clin d’œil à TERMINATOR et sont surtout là pour le délire.

Les Terminator Riders qui feront l’unique lien avec le crossover SECRET WARS dans une blague
Le casting des bad guys aussi est riche en idées amusantes. Des infirmières armées jusqu’aux dents aux anciens ennemis ringards en passant par un colosse fanatique qui récite la Bible en découpant tout le monde. Nous retrouverons aussi Blackout le vampire, ennemi du Ghost Rider Danny Ketch qui, alors qu’on le sent dangereux, se fera maraver la tronche dans une scène cartoonesque (à 2 reprises).
De même, Aaron s’en donne à cœur joie pour mettre en scène des démons plutôt délirants. Il y a le fameux camion vivant conduit par un clone de Dick Curless, le chanteur country qui fera d’ailleurs bouffer à l’autoradio en forme de bouche une cassette de son titre « A Tombstone Every Mile ». Et puis il y a la répugnante poupée Barbie rachitique aux yeux globuleux qui transforme les gens en tout et n’importe quoi. Parfois, l’humour est très violent et même si ce n’est pas du Garth Ennis, ça devient assez trash visuellement. Mais drôle.
Les lieux où l’action se déroule vont de l’Amérique profonde peuplée de rednecks et autres personnages ravagés à une prison, de petites villes au milieu du désert, des contrées perdues en Asie ou en Afrique. On a la sensation parfois d’être dans une sorte de comics horrifique d’exploitation de type « pulp » (ou du moins une version parodique) dans le genre de THE WITCH DOCTOR. Ici, pas de cameo d’Iron-Man ou tout autre héros bankable. On est dans le GrindHouse de Marvel.

Un pécheur fera les frais d’un concept de justice assez éloigné de celui des super slips
Aaron applique une recette efficace en transformant des ennemis grotesques en vraies menaces (bon…pas tous) grâce à leurs pouvoirs améliorés par Zadkiel. Ce qui donne un résultat à la fois sérieux au niveau des enjeux et comique dans les combats. Bien sûr, tout n’est pas bouffonerie gore. Zadkiel n’est pas là pour rigoler et même l’antéchrist (un sale gosse obscène) tentera de profiter du chaos pour prendre le pouvoir. Dans les rangs des « héros », nous pourrons aussi compter Daimon Hellstorm, fils de Satan qui s’opposera au plan de Zadkiel avec sa chérie Jaine Cutter (personnage obscur créé par Warren Ellis). Les seuls personnages, pour ceux qui les connaissent, qui nous rappellent qu’on est dans l’univers partagé Marvel.
Le personnage du shérif Kowalski est également intéressant. Alors qu’il enquête au début sur une affaire de route hantée par des esprits démoniaques dont Blaze subira les assauts, Kowalski, flic pourri, est kidnappé par un cannibale et se fera bouffer la main. Plus tard il subira le « Penance stare » du Ghost Rider qui consiste à lui faire ressentir les souffrances de tous ses péchés et il deviendra obsédé par Blaze. Quand les murs du paradis s’effondreront, il sera frappé par du feu divin et deviendra le nouveau Vengeance, un autre Ghost Rider ambigu à la fois désireux de tuer Blaze et d’empêcher Zadkiel de foutre davantage le bordel sur terre.

Kowalski, un flic pourri qui va en baver
La partie graphique est assurée par 3 dessinateurs aux styles assez éloignés. Cela peut être gênant pour certains. Mais alors que je suis du genre à apprécier une certaine unité graphique et que je craignais cette disparité, j’ai été conquis par les 3 styles de dessin. Les premiers épisodes sont dessinés par Roland Boschi, un français de chez nous. Son style est très brut et je craignais de ne pas l’aimer mais cela passe très bien après un temps d’adaptation. Il donne une atmosphère âpre à l’ensemble des épisodes sur lesquels il travaille grâce à son trait anguleux et parfois proche de l’esquisse. Mais il est aussi aidé par les couleurs de Dan Brown qui viennent relever le tout grâce à un supplément de textures et une palette de tons à dominance rouge qui illumine les planches. Boschi signe la plupart des épisodes car il revient pour la mini-série finale.

Badass Sister Sara par Roland Boschi
Ensuite lui succède Huat Tan Eng le temps de 9 épisodes. Son style arrive en seconde position en termes de présence à l’image. Et c’est un style très particulier que j’apprécie assez. Il a travaillé un peu sur le Punisher de Rick Remender. Son style est tout en exagération. Les visages et les proportions des personnages sont allongés, les perspectives exagérées lors de plans en plongée ou contre-plongée mais il en ressort une impression de mouvement très agréable et une grande expressivité des corps et des visages (à quelques sales gueules près lorsqu’il déforme un peu trop les visages). Sa manière aussi de dessiner les flammes des Ghost Riders est magnifique. Il est par contre un peu avare en décors, notamment en Afrique où l’affrontement contre les serviteurs de Zadkiel semble se passer dans une zone vide. Les couleurs de Jose Villarrubia sont plus classiques que celles de Dan Brown mais offrent un rendu très lumineux, et c’est approprié lorsqu’on a du feu un peu de partout sur les planches.

Combat fratricide par Huat Tan Eng
Enfin, nous aurons droit à 3 épisodes seulement dessinés par Tony Moore qui se situent en fin de série, avant la mini-série qui permettra de reprendre l’intrigue. Tony Moore nous livre des épisodes qui forment un peu une parenthèse au niveau de l’intrigue. Ce n’est pas une parenthèse désagréable du tout, mais la voir en fin de série laisse planer un doute sur ce qu’il se passait pendant ce temps-là chez Marvel qui était sur le point d’arrêter cette série. On aurait pu s’attendre au contraire à une précipitation pour clore rapidement l’intrigue. Mais heureusement, il y a eu une mini-série en 6 épisodes, car conclure en 3 aurait été un sacré gâchis. Moore se sert de son style qui donne aux visages des airs un peu bouffons pour illustrer Blaze aux prises avec des démons lâchés sur le monde, notamment notre poupée Barbie flippante et le camion mangeur d’hommes. Et le rendu est très beau.

Barbie démoniaque par Tony Moore
Venons en aux quelques défauts de ce run. Tout d’abord la fin. Comme je le disais, la série s’achève au numéro 35 alors que l’intrigue n’est pas résolue. Sans doute pour des raisons éditoriales ou de désintérêt des lecteurs (ce qui n’est pas en soi une preuve que la série est mauvaise, on connait bien des exemples contraires). La fin prend donc place dans la mini-série en 6 épisodes Heaven’s on Fire (évidemment incluse dans l’omnibus). Pour ma part je trouve cette fin satisfaisante en termes de scénario mais on pourra tout de même juger que la lutte finale contre Zadkiel est torchée assez rapidement.
On pourra aussi noter un démarrage de l’intrigue principale un peu lent. Les 4 premiers épisodes se focalisent sur une histoire de route hantée assez sympathique mais presque sans rapport avec Zadkiel et les autres Ghost Riders, comme si Jason Aaron cherchait encore l’approche à adopter.

Hell vs Heaven
Mais l’ensemble tient vraiment bien la route. Souvent les reproches qu’on peut entendre sur ce run sont que le choix de faire du Ghost Rider une arme céleste pose certains problèmes avec la continuité de certaines aventures obscures. Mais au pire peu importe, lisez ce run comme un truc indépendant et basta ! Pour ma part nous avons là surement un des meilleurs runs sur Ghost Rider depuis la création du personnage. Drôle, intelligent dans sa construction du mythe des esprits de la vengeance, et qui use d’un personnage moyennement populaire pour bâtir un récit s’émancipant de certaines exigences du mainstream (aucune incursion du crossover Secret Invasion à part une vanne, aucun héros populaire présent dans les planches, une violence assez osée). Ce run constitue donc un récit totalement indépendant des autres séries, et qui nous fait même parfois douter qu’on est dans du Marvel super héroïque. Il faudra malgré tout être réceptif à l’humour de Jason Aaron qui est ici un peu trash.

On the road again

Vil tentateur…
Je pourrais….ça a l’air pas mal, c’est un peu la fin de la période du Marvel que j’aime bien…
Quand il reprenaient des persos secondaires pour en faire du « vertigo light » ou des trucs un peu plus travaillés (Moon Knight, Iron Fist, Legion ce genre de chose…)
Désormais je en Marvel je m’offre un Omnibus par trimestre, ce qui paradoxalement me fait faire des économies.
Malheureusement un problème de vue de près, me gène pour lire de la BD et je n’ai plus beaucoup de plaisir à en lire.
le format poche des manga et les romans sont désormais les formats les plus pratiques pour moi, mais là encore le format poche des comics qui est une « réduction » de la page originelle, rend impossible la lecture des Panini poche et autres Nomad
Je pourrais avoir des progressives mais l’ophtalmo a estimé que je n’étais pas assez géné et que je pouvais enlever mes lunettes pour la vision de près.
Mais pour la BD, c’est chiant…
Ah les problèmes de vue…
J’ai des lunettes aussi depuis quelques années. On va tous en arriver là, avec les écrans, les lectures, etc. Ce serait dommage de ne plus lire de BD quand même. Tu peux aussi avoir des lunettes exprès pour la lecture, non ?
Sinon ouais c’était cool cette période et Aaron n’était pas encore devenu le nouveau Bendis qui se retrouve sur toutes les séries populaires. Du coup il se lâchait sur un perso qui ne remus pas les foules et proposait un truc chouette avec ce GHOST RIDER en mode UNE NUIT EN ENFER ou autre délire du genre.
Cet omnibus est peu épais en plus. Pas chiant à tenir. 60€. Il n’y a que 26 épisodes. C’est en gros l’épaisseur de 2 « deluxes »
Je l’ai lu en VO il y a…woah…plus de 10 ans maintenant ? Je pensais même pas que ça arriverait en VF un jour.