
* LES ANNÉES PIF *
(BANDES DESSINÉES, GADGETS ET FIGURINES)
Contenu du dossier :
Recueils de souvenirs et d’anecdotes sur le magazine PIF GADGET dans les années 70.
Date de publication choisie : 1978-1979 pour la publication originelle du magazine Pif Gadget aux éditions ©Vaillant.
1° partie – LES ANNÉES PIF (BANDES DESSINÉES, GADGETS ET FIGURINES)
Genre : Presse et Bande dessinée jeunesse
Le dossier en 3 parties :
1. LES ANNÉES PIF (BANDES DESSINÉES, GADGETS ET FIGURINES) (vous êtes ici)
2. À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU : PIF GADGET N°488
3. RETOUR VERS LE PASSÉ (DE TIGER KHAN À RAHAN)

Allez ! Tapes-en quatre !
©Vaillant
Cette série de trois articles est consacrée au magazine Pif Gadget, mais pas que…
L’idée est de remonter le temps et, telle le Madeleine de Proust, de faire revivre les sensations que les jeunes de vingt ans ne peuvent pas connaître…
Je vous propose de voyager jusqu’à la fin des années 1970, plus précisément entre 1978 et 1979, afin de nous replonger dans les pages du magazine culte tel qu’il était à l’époque.
Je vous préviens : Ça va vous rappeler de sacrés souvenirs !

je vous avais prévenu !
(publicité en page 2 du Pif Gadget N°493)
©Vaillant
L’idée de ce dossier en trois parties est de raviver un maximum de souvenirs pour ceux qui ont vécu cette époque, tout en apportant un éclairage sur une période aujourd’hui ancienne de la publication destinée à la jeunesse pour ceux qui ne l’ont pas connue.
Pour un nostalgique de ces années-là, ouvrir un vieux Pif Gadget, ce n’est pas qu’une odeur de vieux papier : c’est avant tout un contenu qui ravive toute une époque dans les détails, avec des images qui semblent surgir de notre mémoire par tous les côtés ! Car ces pages ondulées par le temps, gorgées de souvenirs, parsemées d’anciennes publicités pour les objets et les jouets de notre enfance, sont les témoins de notre passé. On s’y remémorera par ailleurs le Journal des jeux, les documentaires animaliers (“Encyclopif” !) où l’on pouvait notamment contempler les images fascinantes des plus récentes découvertes en matière de dinosaures, et bien entendu la présentation aujourd’hui proustienne du fameux gadget.

Pif et son gadget (et sa figurine !) !
(collection personnelle de l’auteur)
Pif Gadget N°493
Nous allons à chaque fois sélectionner un magazine en particulier, un numéro un peu spécial…
Dans ce premier article, ce sera le Pif Gadget N°493, parce qu’il est unique en son genre, et nous ferons la même chose avec les deux parties suivantes.
Ces numéros nous ont marqués quand nous étions gamins et ils ont un peu forgé nos goûts (ou carrément, pour certains !). Et bien qu’ils soient désormais désuets, dans le sens où tout cela a vieilli et sent le formol teinté de patchouli, ils exhalent un parfum de nostalgie très puissant pour les gamins de l’époque qui les redécouvrent aujourd’hui.
C’est tout l’objet de ce dossier que de vous offrir ce voyage en première classe, à destination de ces souvenirs d’antan…

La double-page de présentation du gadget du N°493 de Pif Gadget (et sa figurine !) !
©Vaillant
Dans Pif Gadget N°488, que nous explorerons en détail dans la 2° partie de notre dossier, les personnages comiques du magazine (Pif, Hercule, Placid & Muzo, Supermatou et toute la clique) avaient brisé le quatrième mur en prenant possession du journal pour interférer directement à la place de la rédaction, pour un numéro 100% comique où Pif & Hercule intervenaient, façon crossover, dans chaque épisode dédié aux autres personnages.
L’idée a manifestement fait son chemin et notre Pif Gadget N°493, que nous mettons en lumière aujourd’hui, fonctionne un peu de la même manière.
Intitulé HERCULE PREND LE POUVOIR dès la couverture, ce numéro propose un concept assez similaire, où c’est cette fois Hercule à lui-seul qui va décider de s’approprier le magazine et de plier certaines séries à son image.



Dans Pif Gadget N°493, cette crapule d’Hercule va prendre le pouvoir sur la plupart des séries du magazine…
©Vaillant
Trois séries dites “réalistes” du magazine, à savoir RAHAN, TARANIS et Dr JUSTICE, vont ainsi être remplacées par une version comique dans laquelle Hercule va tour à tour être ridiculisé par les auteurs…
C’eut été génial que ce soient les véritables artistes des dites séries réalistes qui s’emparent du concept, mais ce ne sont hélas que les auteurs habituels des histoires de Pif & Hercule (Motti, Cance ou encore Yannick), ce qui destine au final ces aventures à demeurer de simples petites BDs pour enfants.
En tout cas, à l’époque, le lecteur qui constituait le cœur de cible (entre six et dix ans) s’était bien amusé !



Rahan, par les auteurs de Pif & Hercule…
©Vaillant
Pif Gadget, le reste du temps…
Pas de doute : pour un gamin de l’école primaire, la grande vedette des cours de récréation de la fin des années 70 demeurait envers et contre tout le magazine Pif Gadget. Mais c’était surtout à cause de son gadget !
Tout comme dans les paquets de lessive Bonux ou dans les Kinder Surprise, les gadgets étaient souvent nuls mais on ne s’en lassait pas ! Notamment ceux qui nous permettaient de faire des mauvaises blagues ou bien encore des tours de magie !
Ainsi, un pistolet à eau envoyait son jet d’eau sur le côté afin de surprendre sa cible, tandis qu’une boite mangeait la pièce de cinq francs que la pauvre victime ne parvenait plus à retrouver ! Ces gadgets pour les garnements sont ceux dont je me souviens le mieux, alors qu’il y en avait également d’autres plus éducatifs permettant de faire pousser des plantes exotiques, des rochers (!) ou de faire éclore des œufs d’artémia (de minuscules petits Crustacés) !

Des gadgets qui, souvent, ne faisaient pas long feu !
©Vaillant
Les plus mauvais (qui étaient aussi les plus nombreux) se présentaient sous forme de grappe en plastique dont il fallait détacher les pièces afin de monter le gadget. Ils étaient compliqués à assembler et, la plupart du temps, ils ne fonctionnaient pas bien ! Ainsi je me souviens du Yéti grimpeur, de la catapulte ou du robot nageur !
Pif Gadget N°493 tranchait avec la routine grâce à son double programme qui offrait aux lecteurs un véritable jeu d’osselets (en plastique) et une figurine de personnage comique à collectionner ! Le top du top en matière de bonus !

Exemple type de gadget en grappe, compliqué à monter et passablement fragile !
(Collection personnelle de l’auteur)
Mais dans les pages de Pif Gadget, il y avait aussi de grands auteurs de bande dessinée, avec entre autres Gotlib, Tabary, Hugo Pratt, André Chéret et Giorgio Cavazzano. On aurait tendance à oublier ce dernier alors qu’il était un immense dessinateur, qui nous a d’ailleurs surtout enchanté dans les pages de Picsou Magazine (on lui doit aussi de nombreuses séries très réussies en Italie, comme CAPITAINE RODGERS, une sorte de mélange entre OUMPAPAH et LES TUNIQUES BLEUES)..
Une petite pensée également pour Jean-Claude Poirier et sa série SUPERMATOU, qui était une malicieuse parodie des comics de super-héros. Bien que ces petites histoires à Raminagroville (dans lesquelles Supermatou et son chien Robert se mesuraient au vilain bambin Agagax !) ne rivalisaient pas avec leurs puissants modèles américains, elles étaient finalement bien mieux écrites et dialoguées que les comics old-school, avec un second degré plein d’esprit !

Histoires courtes, poétiques et surréalistes !
©Vaillant
Nos histoires préférées étaient malgré tout celles de Pif le chien. Je me souviens particulièrement de celles qui commençaient dans la petite maison de Pif, alors qu’Hercule vivait dans la cabane sur son arbre qui était dans le jardin. Ils cessaient de se chamailler comme chien et chat au moment de partir à l’aventure, généralement pour combattre leur ennemi Krapulax !
Il y avait une certaine poésie dans la naïveté de ces histoires, qui étaient tellement courtes qu’elles exhalaient un parfum quasiment surréaliste !
Évidemment, même si les histoires de Pif & Hercule étaient nos préférées, il y avait à boire et à manger et la plupart étaient vraiment anecdotiques.
D’ailleurs, les connaisseurs de l’époque, s’ils voulaient des histoires plus substantielles, se tournaient vers les autres publications dédiées à ces personnages, notamment les Pif Parade Comique qui offraient parfois des récits plus longs dans un format avoisinant celui des bandes dessinées dédiées à Mickey, Donald et Picsou (avec l’alternance des pages couleur et noir et blanc).
Je me souviendrais particulièrement des numéros 8 à 12, avec des histoires comme VENI VIDI VIKINGS, LA SECTE DE LA PIEUVRE JAUNE ou LE TRÉSOR D’IPLEUTOULTAN, datant de 1979.

Petite sélection d’aventures ayant bercé notre enfance…
©Vaillant
Dans ces aventures “king Size” (une soixantaine de pages pour l’histoire vedette), Pif & Hercule y affrontaient Krapulax et faisaient équipe avec leurs amis et savants les professeurs Belpomme et Kifelkloun ! On surfait alors nettement sur les aventures de Picsou et nos héros transfuges de Pif Gadget trouvaient ainsi l’occasion de jouer les Tintin ou les Spirou (au rabais quand même) en partant résoudre des mystères à travers le monde.
Puis, certains récits plus courts et plus anciens complétaient le programme, avec de nombreuses histoires de Supermatou, Les Rigolus et les Tristus, Surplouf le Corsaire ou encore Arthur le Fantôme, sans oublier les inévitables Placid & Muzo, des histoires recyclées depuis les premiers numéros de Pif Gadget datant du début de la décennie.

Une interview de Mark Hamill (pour la sortie du film L’EMPIRE CONTRE ATTAQUE), où l’acteur prétend apprendre à parler le français en lisant Pif Gadget !
©Vaillant
Mais les pages de Pif Gadget, c’était aussi une vitrine ouverte sur toute la culture populaire qui nous fascinait. Et outre les publicités pour les jouets de l’époque (Action Joe, Big Jim, Playmobil et même Play-BIG !), on pouvait suivre l’actualité consacrée à la jeunesse dans les coulisses de nos séries animées préférées comme GOLDORAK, de nos émissions phares comme le Muppet Show, et bien sûr du cinéma, avec en première ligne les contes-rendus de la saga STAR WARS ! Et pour moi qui avais été privé de LA GUERRE DES ÉTOILES lors de sa sortie pour cause de punition parentale, ce fut l’une des seules fenêtres ouvertes sur ce monde féérique !

Une vitrine pour les privilégiés, avec des stars, des films, des séries, des émissions préférées, des contenus éducatifs qui prenaient parfois la place du gadget et le légendaire N°443, avec LA MORT DE RAHAN, le numéro le plus vendu de l’histoire !
©Vaillant
Enfin, pour finir sur le terrain de la diversité, Pif Gadget, en plus des jeux et des documentaires en tout genre, c’était aussi un magazine parrainé par les vedettes du showbiz que tous les enfants adoraient. Et ainsi, tandis que les couvertures affichaient les portraits de Carlos, Garcimore, Stéphane Collaro, Pierre Perret, Rolland Magdane ou Henry Salvador, ces derniers nous faisaient la surprise de participer directement au magazine en se prêtant au jeu de la présentation du gadget, ou en participant au Magazine des jeux ou à une action caritative.

Il faut jouer pour reconnaitre la star C. Jérôme !
©Vaillant
Et parallèlement aux gadgets, on pouvait aussi bénéficier de quelques cadeaux supplémentaires, comme la figurine d’un personnage du magazine ou encore la célébrissime, l’irremplaçable, l’inoubliable Main de Pif à quatre doigts, un autocollant avec une ventouse proposé en guise de gadget en 1978 qui eut tellement de succès que l’on en voyait fleurir à travers toute la France ! Au point qu’une deuxième version sans ventouse fit son apparition l’année suivante. Un autocollant que tous les gamins affichaient fièrement sur la porte de leur chambre, ou bien à l’arrière de la voiture familiale…
Ma longue recherche du Pif Gadget N°488 (à suivre dans la 2° partie de notre dossier…) m’aura permis de posséder au final trois Mains de PIF encore intactes, prêtes à être collées à tout moment !
Mais pas de précipitations… Nous avons encore beaucoup de choses à nous rappeler et encore deux articles à parcourir…

See you soon !!!
