* LE PARADIS EST PAVÉ DE MAUVAISES INTENTIONS *


Ce bon vieux Papa Midnite…

Les voyages de John Constantine…

Ce bon vieux JFK !

Ce bon vieux Satan…

John et le premier des déchus (qui se paye la tête de Sylvester Stallone !) tapent le bout de gras…

Tranche de vie chez la famille Ryan.

Petit pamphlet contre les bébés…

Un méchant selon Garth Ennis : Gestapo !

Les joyeux Hooligans, par Peter Snejbjerg !

2 thoughts on “HELLBLAZER par GARTH ENNIS, 3° PARTIE”
  1. Que de souvenirs ! Et des bons !!!

    – Damnation’s flame –
    Une sorte de pamphlet provocateur et violent (et même gore), un peu surréaliste- En découvrant cette histoire, je me suis remémoré l’épisode 53 de la série Preacher avec John Wayne, avec là aussi une prise de recul pour un regard sur les États-Unis.
    Comme toi, j’avais trouvé que Garth Ennis a écrit cette histoire dans le but de donner son opinion sur les États-Unis en tant que nation. Ça commence avec une bonne couche sur la politique étrangère américaine et son impérialisme outrancier, ça continue avec la vie dissolue de JFK en décalage complet avec son image de président idéal. Il y a bien sûr un petit couplet sur le massacre des amérindiens. Ennis met en scène son opinion sarcastique par le biais de Constantine s’entretenant avec JFK, chemin faisant. Ce n’est pas un prêche, c’est plutôt drôle car Ennis écrit des répliques de Kennedy sur un mode de politicien politiquement correct, à base de circonlocutions alambiquées et de précautions oratoires permettant de tout nier si cela s’avère nécessaire par la suite (le concept de Plausible deniability).

    – Rake at the gates of Hell –
    Notre scénariste possède une rare méconnaissance des constituants de la religion et n’a aucun sens du mysticisme, aucune profondeur théologique et aucune imagination spirituelle métaphysique. Pour lui, Dieu ou le Diable […] la même capacité limitée de réflexion (des politiciens, quoi, voire des monarques comme dans les anciennes civilisations) ! – Ça m’a fait à nouveau énormément de bien de découvrir ce paragraphe sur l’absence totale de spiritualité dans l’interprétation d’Ennis de la cohorte de démons et d’anges. 🙂

    Ce qui m’a beaucoup plus dans cette histoire réside dans la critique qu’Ennis fait de son personnage, avec trois défauts majeurs.
    1 – Alors qu’il essaye de venir en aide à Helen qui passe par une phase de sevrage, puis de récupérations de graves blessures, il se rend compte qu’il n’est d’aucun secours, ce que fait observer de manière insistante et sans gants, l’infirmière présente. Il prend alors conscience d’une caractéristique de sa nature : il est plus apte à venger quelqu’un, qu’à lui apporter une aide constructive.

    2 – Un autre personnage lui fait également observer qu’il est le genre d’individu qui suscite une loyauté maximale pour le strict minimum d’effort de sa part. Par cette simple phrase, Ennis prouve sa maîtrise de la personnalité de Constantine.

    3 – La troisième révélation sur le caractère profond de Constantine intervient alors qu’il est en train de parler avec un prêtre, dans la crypte d’une église. Il déclare que c’est son droit de critiquer les puissants, parce que c’est tout ce que peut faire un individu ordinaire comme lui. Cela rejoint la terrible déclaration qu’il avait faite à l’archange Gabriel qui lui demandait pourquoi Constantine éprouve le besoin de salir tout ce qui est pur et beau (parce que vous êtes trop parfaits, fut sa réponse mesquine et réaliste).

    Ennis complète ces regards pénétrants sur le personnage par un constat terrible sur la condition humaine. Alors qu’un personnage s’étonne de la déchéance d’Helen (en estimant que tout individu se fixe des limites dans l’avilissement et l’humiliation qu’il est prêt à accepter), Constantine déclare que nécessité fait loi, et que chaque individu est prêt à accepter toujours pire pour pouvoir survivre (reflétant ainsi la période où il a lui-même vécu en tant que SDF dans le tome précédent).

    – Son of man –
    Plus jouissif…
    À l’issue de cette dernière histoire de Constantine écrite par Garth Ennis, j’avais trouvé que le cœur de l’auteur n’y était pas entièrement, qu’Ennis n’a pas ressenti ce besoin viscéral de d’exprimer sa pensée, ses convictions, etc. Il s’agit plus d’un récit en forme d’exercice de style, écrit par un auteur professionnel, avec une verve et un bagout communicatif, une farce horrifique, drôle et irrévérencieuse, bien servie par des dessins tout aussi professionnels et sarcastiques de John Higgins. Dans l’absolu, une histoire de John Constantine qui mérite sa place dans la série. En comparaison de ce qu’Ennis a déjà écrit sur le personnage, c’est un peu en dessous.

    – Heartland –
    Garth Ennis (toujours en compagnie de Steve Dillon) s’offre une chronique familiale dans le cadre de Belfast. Il n’y a pas vraiment d’analyse de la situation, des Troubles, simplement un constat de la vie quotidienne. Seule la mère de Kit a une phrase définitive sur la nécessité de faire passer la vie des individus, avant leur héritage culturel.

    Comme toi, j’avais été déconcerté que cette histoire soit autant portée aux nues et récompensée.
    Avec le recul, je me suis dit que les professionnels de l’industrie aient eu envie de récompenser une histoire sans superhéros, ni entité surnaturelle, prouvant que les comics peuvent raconter autre chose. À la relecture, les personnages ont du mal à générer de l’empathie chez le lecteur, et les dessins manquent de finesse et de maturité pour une chronique intimiste. Il reste une vision intéressante de la vie au quotidien dans une ville pacifiée.

    PS : moi aussi, je suis Team Peter Snejbjerg.

    1. Je suis grosso-modo assez d’accord avec toi sur l’ensemble, avec le recul des années.

      Toutefois je vais persister et signer sur SON OF MAN :
      Je n’ai pas trouvé que le coeur de l’auteur n’y était plus, mais juste qu’il y était différemment.
      Le fait qu’Ennis n’ait pas ressenti ce besoin viscéral d’y exprimer sa pensée – directement et avec une emphase pachydermique – après une bonne dose d’épisodes inégaux et parfois laborieux, pour au contraire choisir un scénario « in your face » mais qui distillait ses critiques acerbes de manières diffuses et subtiles, m’avait ravi. Parce que je trouvais justement que l’auteur avait nettement progressé, davantage concentré sur la forme plutôt que sur le fond – au premier abord -, pour laisser la part du lion au récit, et ne diffuser ses critiques que dans le sous-texte de manière beaucoup plus subtile.
      Pour moi, SON OF MAN c’est le Ennis de la maturité : Drôle, caustique, efficace, virtuose, avec son discours toujours présent mais plus subtil. C’est un peu comme l’album rock de la maturité pour une rockstar : C’est moins spectaculaire, moins démonstratif que le premier album, mais c’est vachement bien foutu.

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