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John et Kit...

Heu… Sérieusement ?

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Tranches de vie selon Ennis…

La véritable descente aux enfers de John Constantine…

Constantine tourne le dos à la mort.

4 thoughts on “HELLBLAZER par GARTH ENNIS, 2° PARTIE”
  1. Hello,
    Juste une remarque à propos de Steve Dillon.
    Il faut voir son travail en Angleterre, notamment pour 2000AD, antérieur à son travail pour l’industrie US pour se rendre compte de ses qualités de dessinateur. Sens du rythme et du mouvement, décors fouillés,… on est largement au-dessus de ce qu’il fera par la suite. Je pense que dans le contexte US, il est obligé d’aller au plus simple pour tenir les délais et dès lors son dessin s’appauvrit.

    1. Je veux bien te croire mais le fait est que je n’ai lu que ses prestations sur des comics US, que j’en ai lu des caisses (souvent avec Garth Ennis au scénario mais aussi avec d’autres scénaristes), et qu’à chaque fois j’ai trouvé ça très mauvais. Cela-dit je me souviens d’un one-shot du Punisher qu’il avait entièrement écrit et dessiné et je me rappelle m’être fait la réflexion que c’était très bien foutu niveau narration et découpage.

  2. Avec le retour du Premier des Déchus, puis du Roi des Vampires […] Un peu embarrassant dans la mesure où Garth Ennis déballe l’artillerie lourde en termes de démons à l’ancienne. On voit bien qu’il tente de leur donner un caractère un peu rock’n roll, mais la sauce ne prend pas vraiment et le résultat est un peu ridicule.

    Voilà qui me rassérène, car je croyais être le seul à trouver que cette utilisation de la mythologie catholique reste à un niveau basique.

    Dans ces épisodes, Ennis fait un petit effort pour évoquer du bout des lèvres la continuité, vraisemblablement à la demande des responsables éditoriaux, avec Zatanna et Phantom Stranger. Mais dans le même temps, chaque démon semble être dans l’ignorance totale de ce que fait son voisin, déjà au sein de la série Hellblazer, sans parler du reste de l’univers partagé DC, ou d’autres séries Vertigo comme Sandman qui pioche dans le même enfer.

    Autant le Premier des Déchus (First au the Fallen, dans les épisodes 59 à 61) était vraiment très théâtral et un peu ridicule, autant l’archange Gabriel ressort comme un personnage plausible, pertinent et remarquable. Ennis joue plutôt sur la retenue, et il évite de le tourner en ridicule pour le plaisir d’humilier une figure éminente de la mythologie chrétienne. Par voie de conséquence, Gabriel devient un personnage à plusieurs facettes, à la fois terrible et fragile, à la fois expérimenté et naïf. John Constantine se retrouve ligoté sur une chaise à la merci de Charlie Patterson et de ses gros bras, ce qui permet à nouveau à Garth Ennis de prouver toute l’étendue de ses talents de manipulateur, dans une scène mémorable. Ennis promène son lecteur dans une intrigue retorse pleine de surprises, où les enjeux se révèlent petit à petit, avec un John Constantine au meilleur de sa forme (et de sa poisse). Ennis réussit également à renouer avec la dimension sociale qui était présente dans les épisodes écrits par Jamie Delano, à sa manière sans imiter Delano, faisant apparaître une lutte des classes très prosaïques entre le noble archange et la classe populaire et très pragmatique incarnée par Charlie Patterson. Dans ce registre, la réponse de Constantine à Gabriel (qui souhaite savoir pourquoi quand des gens comme Constantine voient quelque chose de pur, bon et beau, ils veulent absolument le salir) est d’une cruauté sans pareille, tout à fait punk dans sa nature.

    Une sorte d’échauffement pour Preacher : cette remarque me fait penser que j’ai dû découvrir les épisodes de Preacher avant ceux de Hellblazer par Ennis, et que mon cerveau n’avait jamais fait le rapprochement. Il y a aussi l’environnement et le thème de fond : le Royaume Uni pour Constantine, les États-Unis pour Jesse Custer (un autre JC).

    Un groupuscule de fascistes anglais […] une métaphore particulièrement pertinente du pouvoir des classes dirigeantes sur les classes populaires : les Nazis et autres néo-Nazis, ça fonctionne toujours comme antagonistes. 🙂

    Pénétrer de plain-pied dans les horreurs de la vie – Dès son arrivée, Ennis a l’intelligence de ne pas essayer d’écrire la série à la manière de Delano, mais il avait parfois des difficultés à trouver une interprétation personnelle pour les éléments les plus folkloriques (les démons divers).

    L’homme qui essaya d’abuser sexuellement de lui lorsqu’il était plus jeune – Ces épisodes m’avaient semblé étrange, comme si

    Une déconstruction qui côtoie celle qu’il inflige à son personnage, pour révéler au final une reconstruction pleinement aboutie dans les deux cas – À nouveau, une analyse pénétrante et très parlante, je n’y avais pas pensé. Oui, j’ai l’impression que ça peut également s’appliquer, de manière peut-être inconsciente, à l’écriture d’Ennis elle-même où il écrit les histoires qu’il avait en tête a priori avec un regard critique et qu’il a dû ensuite s’interroger sur ce qu’il avait envie de raconter, et comment.

    Avec en outre l’intégration de sa passion pour l’histoire des conflits armés : une séquence se déroulant le premier juillet 1916 sur le champ de bataille de la Somme (avec William Constantine, un ascendant de John), et une autre en 1940 dans le cockpit d’un avion de la RAF. Et aussi des Troubles en Irlande.

    Un article formidable, chapeau bas.

    1. Rôlalah… je n’ai toujours pas lu SANDMAN… 🫣
      Je ne me souviens pas de ces passages que tu décris avec l’archange Gabriel, encore moins de Charlie Patterson (et de ses gros bras). Faudra que j’y relise !
      Une fois de plus, la dimension sociale est le gros point fort du run de Garth Ennis. Il rend tout ça très humain, bourré d’épaisseur et de personnalité.

      J’ai également lu les épisodes de Preacher avant ceux de Hellblazer par Ennis. C’est justement pour ça que j’ai donné ce titre à mon premier article : « Comme à la maison ». J’y ai retrouvé rétrospectivement le même auteur, les mêmes thèmes et le même style.

      Un grand merci pour ton retour !

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