
* HIT THE ROAD FOR THE CLOUDS, JACK *
– MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE – 1947
– LA POULE AUX ŒUFS D’OR – 1952
– JACK ET LE HARICOT MAGIQUE – 1967
– JACK ET LE HARICOT MAGIQUE – 1974
– JACK ET LE HARICOT MAGIQUE – 2001
– JACKET LE HARICOT MAGIQUE – 2009
– JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS – 2013
Contenu de l’article :
Chronique des principaux films et téléfilms adaptés du conte populaire anglais JACK AND THE BEANSTALK
Date de sortie des films : De 1947 à 2013
Genre : Fantastique, contes.

Quand une seule image parle à tout le monde (ici une version direct to video de 1994)…
Cet article est consacré aux principales adaptations du conte JACK ET LE HARICOT MAGIQUE au cinéma et à la TV.
Cette sélection de quelques films n’est pas exhaustive mais elle regroupe néanmoins l’essentiel des principaux longs métrages qui ont été dédiés au célèbre conte anglais dont la simple apparition d’une tige de haricot géante grimpant jusqu’au ciel est devenue une illustration universellement reconnaissable, entre mille.
AU PROGRAMME :
- 1. MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE
- 2. LA POULE AUX ŒUFS D’OR
- 3. JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (1967)
- 4. JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (1974)
- 5. JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (2001)
- 6. JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (2009)
- 7. JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS
Niveaux d’appréciation :
– À goûter
– À déguster
– À savourer


Le principe du package-movie.
1) COQUIN DE PRINTEMPS : MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE – 
(FUN AND FANCY FREE : MICKEY AND THE BEANSTALK)
Réalisateur : Hamilton Luske et Bill Roberts
Acteurs : Edgar Bergen. Voix en VF : Roger Carel, Gérard Rinaldi, Richard Darbois
Scénario : Joe Rinaldi, William Peed, Homer Brightman
Musique : Charles Wolcott, Oliver Wallace
année : 1947
Durée : 29 minutes (70 minutes pour COQUIN DE PRINTEMPS)
Le pitch : La Vallée Enchantée est protégée par la magie de la Harpe Chantante. Chacun y vit en harmonie, dans la joie et l’opulence. Mais une nuit, la Harpe disparait, rompant l’enchantement. La Vallée commence alors à dépérir…
Dans une petite ferme isolée, Mickey, Donald et Dingo meurent de faim. Lorsque Donald, dans un moment de folie, tente de tuer leur dernière vache pour la manger, Mickey part la vendre et revient avec, pour seul paiement, trois pauvres haricots prétendument magiques. Donald, furieux, jette les haricots, qui tombent dans une fissure.
Dans la nuit, une tige de haricot géante se met à pousser, emmenant la ferme et les trois amis au-delà des nuages. Ils se retrouvent alors dans un royaume inconnu, dominé par un château dans lequel se trouve la Harpe Chantante. Mais celle-ci a été dérobée par un géant aux multiples pouvoirs magiques…

L’affiche française ne capitalisait pas sur Jack et son haricot magique…
Vers le milieu des années 40, le studio Disney se porte mal. Ses deux précédents longs métrages d’animation au cinéma, PINOCCHIO et FANTASIA, n’ont pas remporté un gros succès ; la seconde guerre mondiale oblige l’industrie cinématographique à ralentir son rythme de production et la faillite pointe le bout de son nez. Des tas de projets sont à l’état d’ébauche et l’on peine à finaliser plusieurs films, à la fois par manque de moyens et à la fois car leur production n’est pas à à la hauteur d’un film de longue durée. L’idée consiste alors à sortir des compilations à moindre coût à l’intérieur desquelles on peut recycler tous les films n’ayant pas pu donner le potentiel d’un long métrage. À part DUMBO qui réussit à sortir tout seul (il ne dure pourtant qu’une heure et souffre d’une production assez faible), les autres films sont compilés. Ce sera le cas par exemple du DRAGON RÉCALCITRANT (1941) qui sera associé avec plusieurs courts métrages, de MÉLODIE COCKTAIL (1948) qui regroupera sept courts métrages, et de LA MARRE AUX GRENOUILLES et LA VALLÉE ENDORMIE qui vont former LE CRAPAUD ET LE MAÎTRE D’ÉCOLE (1949).
Au milieu de cette salve comme autant de tentatives de sortir la tête de l’eau (il faut également ajouter tous les longs métrages mélangeant animation et prises de vues réelles, également fondés sur le principe de la compilation comme SALUDOS AMIGOS (1942), LES TROIS CABALLEROS (1944), etc.), COQUIN DE PRINTEMPS va donc associer deux moyens métrages laissés jusque-là en jachère : BONGO, ROI DU CIRQUE et MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE.
Afin de lier les deux films en un seul, le studio décide de mélanger l’animation avec des séquences en prises de vues réelles et des acteurs, comme c’était déjà la cas, par exemple, avec SALUDOS AMIGOS et MÉLODIE DU SUD. L’introduction du film montre le personnage de Jiminy Cricket, qui introduit notamment le film avec une chanson. Si l’on reconnait nombre d’éléments issus du film PINOCCHIO dans ce prologue, c’est tout simplement car le studio recyclait ici des scènes coupées de ce troisième long métrage de 1940 ! Le segment de BONGO, ROI DU CIRQUE arrive juste après.
C’est ensuite le ventriloque Edgar Bergen, immense star de l’époque aux USA, qui a l’honneur d’introduire le segment de MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE, raison pour laquelle on y trouve les marionnettes fétiches de l’artiste, Charlie McCarthy et Mortimer Snerd. Ce passage du film a particulièrement mal vieilli du fait que les nouvelles générations, qui ne connaissent absolument pas ce ventriloque et son univers, ne comprennent pas le rapport entre sa présence dans le film et l’histoire qu’elle est censée introduire…

C’est-à-dire que dans COQUIN DE PRINTEMPS, il n’y a pas que JACK ET LE HARICOT MAGIQUE !
Parlons à présent du segment qui nous intéresse ici : MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE.
Walt Disney avait déjà adapté le conte à deux reprises sous la forme d’un premier court métrage en 1922 (aujourd’hui perdu) et d’un second en 1937. Cette troisième (et dernière) adaptation de 1947 devait donc être la bonne et aboutir sur un long métrage, ce qui ne se fera donc pas, au sens propre.
Notons que, dans les années 60, MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE version 1947 sera remonté pour être diffusé seul à la télévision. On retirera à cette occasion toutes les scènes avec Edgar Bergen ainsi que sa voix-off omniprésente, remontant le tout en commençant par une introduction animée avec Picsou dans le rôle du présentateur, pour un résultat beaucoup plus fluide et autonome.
À l’époque de sa sortie au cinéma, le segment de MICKEY ET LE HARICOT MAGIQUE avait apparemment déçu assez fortement la critique, qui n’y retrouvait pas l’excellence des premiers longs métrages Disney. Commencé en 1940, notre moyen métrage devait, entre autres, devenir le premier film regroupant le trio formé de Mickey, Donald et Dingo au cinéma. En éternel perfectionniste, Walt Disney désirait alors profiter de l’occasion pour revisiter une nouvelle fois le fameux conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE. Précisons enfin que si le récit commence dans ce qui est nommée la Vallée Enchantée, c’est que ce décor et cette énième introduction d’un film qui en accumule déjà plusieurs, est aussi le recyclage d’un autre court métrage abandonné entretemps (qui devait donc s’intituler LA VALLÉE ENCHANTÉE)…

Malgré tous ces collages et ces incongruités liés à la production chaotique de l’ensemble, qui connait donc deux versions distinctes, il faut reconnaitre avec le recul que cette adaptation est tout simplement magnifique et irrésistible.
Ce moyen métrage distille un charme à l’épreuve du temps et aligne les séquences comme une succession de tableaux avec une première partie dans la ferme du trio Mickey/Donald/Dingo, une seconde avec l’ascension du haricot magique et une dernière, la plus longue, dévolue à la confrontation avec le géant dans son château.
La scène de l’ascension du haricot, qui pousse à toute vitesse, emportant avec lui le trio qui se retrouve littéralement transporté depuis son sommeil, est un pur morceau de bravoure, burlesque, inventif et poétique.
Toute la partie dans le château avec le géant est un émerveillement continu, qui s’écoule sans temps mort et compile les scènes d’action en donnant le tournis.
Disney et son équipe nous proposent ici une adaptation très libre, où Jack est donc affublé de deux comparses clownesques, où le géant se retrouve doué de pouvoirs quasiment divins (il peut se transformer en ce qu’il désire), où la poule aux œufs d’or est remplacée par la seule harpe chantante, sorte de fil rouge reliant tous les éléments épars.
C’est à la fois une version épurée en ce qu’elle ne garde que le minimum du conte originel, et foisonnante en ce qu’elle propose d’idées, de féérie et de scènes d’action. Bref, un masterpiece universel.


2) LA POULE AUX ŒUFS D’OR –
/
(JACK AND THE BEANSTALK)
Réalisateur : Jean Yarbrough
Acteurs : Bud Abbott, Lou Costello, Buddy Baer
Scénario : Nathaniel Curtis
Musique : Heinz Roemheld
année : 1952
Durée : 78 minutes
Le pitch : À la recherche d’un emploi, Jack Strong (Lou Costello) et son compère Dinckle (Bud Abbott) profitent de l’opportunité de jouer les nounous d’un soir pour garder un gamin franchement odieux. Jack essaie laborieusement d’endormir l’enfant en lui lisant le conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE mais il s’avère incapable de lire les mots trop compliqués. L’enfant, dans son impatience, prend le livre des mains de Jack et se met à le lire à sa place. Et Jack, de s’endormir à la place du gamin. Il rêve alors qu’il est le jeune Jack du conte de fée…
Disney’style !
Sur C.A.P, nous avons déjà chroniqué plusieurs films des Deux Nigauds Abbott & Costello à l’occasion de notre dossier en plusieurs parties sur les Universal Monsters. Nous avons donc parlé de DEUX NIGAUDS CONTRE FRANKENSTEIN, DEUX NIGAUDS ET L’HOMME INVISIBLE, DEUX NIGAUDS CONTRE Dr JECKYLL & MR HYDE et DEUX NIGAUDS ET LA MOMIE, soit tous leurs crossovers avec les monstres du studio Universal !
C’est au sein de ce même studio, en plein milieu des crossovers susdits que nos Deux Nigauds se retrouvent à jouer dans le conte qui nous intéresse ici.
Le décor est très différent de ceux des films de monstres puisque l’on change radicalement de registre, passant de la parodie de films d’horreur avec une ambiance expressionniste au conte de fée façon comédie musicale chatoyante. Car effectivement, les Deux Nigauds (qui forment l’un de ces duos de comiques dont les USA étaient alors friands depuis Laurel & Hardy), en particulier Lou Costello, s’essaient ici à la danse et à la chanson. Le gros changement par rapport aux autres films se situe également dans le choix de la couleur, puisque toute la partie dévolue au conte (alors que les scènes du film se situant dans le “réel” sont en noir et blanc – plus exactement en sépia), est filmée en Eastmancolor (procédé très employé à l’époque, qui sera ensuite supplanté par le Technicolor).

Du sépia à la couleur !
Pour le reste, cette énième aventure des Deux Nigauds ne change hélas rien de toutes les autres en alignant ce même humour lourdingue dont ils avaient le secret, à coup de gimmicks usés jusqu’à la corde de la corde : sursauts (Costello ne s’aperçoit jamais du danger du premier coup alors qu’il est sous ses yeux et hurle en courant quand il finit par s’en apercevoir), chutes (Costello est le roi de la chute, il tombe à chaque plan, ou presque), de coups de pied au derrière (le géant est ici parfaitement incompétent, c’est le géant le moins dangereux du monde (et le moins grand), et il se prend des coups de pied dans le séant quasiment à chaque plan) et de baffes incontrôlées (voir la scène de la danse avec la géante, où Costello se prend environ quatre baffes par plan)…
LA POULE AUX ŒUFS D’OR est la première adaptation ambitieuse du conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE sur grand écran avec des acteurs. Si le studio Universal avait les moyens de ses ambitions au niveau des décors et des effets spéciaux, il ne s’est pourtant guère foulé : Tous les décors sont jolis mais on voit qu’on fonctionne quand même à l’économie (un mate painting pour le château du géant qui n’apparait que le temps d’un plan furtif), avec un maximum de décors en carton-pâte resserrés sur les acteurs. Quant aux effets spéciaux, il n’y en a quasiment pas, le géant n’étant qu’un acteur de grande taille flanqué sur des boots comme jadis Boris Karloff lorsqu’il était grimé en Frankenstein !
Si l’on est bon public, on se laissera porter par ce spectacle bon enfant qui fleure bon les fêtes de Noël à l’ancienne et les numéros musicaux des vieux contes hollywoodiens en carton-pâte. Mais nous sommes ici plus proches d’un film secondaire de Jerry Lewis que d’un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma fantastique.


3) JACK ET LE HARICOT MAGIQUE –
(JACK AND THE BEANSTALK)
Réalisateur : Gene Kelly
Producteurs : Gene Kelly, Joseph & Hanna Barbera
Acteurs : Gene Kelly, Bobby Riha, Marian McKnight, Ted Cassidy
Scénario : Larry Markes, Michael Morris
Musique : Lennie Hayton
année : 1967
Durée : 51 minutes
Le pitch : Le petit Jack (Jacques en VF) part vendre la dernière vache familiale et rencontre en chemin Jeremy, un colporteur itinérant qui n’a plus d’animal pour tirer sa roulotte. Il échange la vache de Jack contre une poignée de haricots… magiques ! Face à la tristesse de sa mère, qui déplore cet échange absurde, Jack jette ses haricots dans le jardin et va se coucher. Le lendemain, une immense tige de haricot se dresse dans son jardin. Jeremy, qui l’attendait au pied de la pousse géante, lui propose alors de grimper car, à coup sûr, la richesse les attend quelque part au-delà des nuages…
Notre troisième adaptation est un téléfilm. D’une durée plutôt modeste de 51 minutes, il synthétise un peu les deux films précédents en mélangeant l’animation et les prises de vues réelles, le tout chapeauté par les productions animées Hanna-Barbera.
Le film est réalisé et interprété par la légende de la comédie musicale Gene Kelly, qui s’apprête à entamer la dernière partie de sa carrière alors que son genre de prédilection, qui a connu son âge d’or entre les années 30 et 50, est sur le déclin. L’année 1967 est donc une année charnière pour Gene Kelly, qui interprète le rôle d’un musicien vieillissant dans LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de Jacques Demy et qui, parallèlement, tourne cette nouvelle adaptation de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE pour la télévision.

Gene Kelly aime jouer au chat et à la souris !
Côté animation, Gene Kelly n’en était pas à sa première expérience puisqu’il avait déjà dansé avec Jerry (la souris de TOM & JERRY) dans ESCALE À HOLLYWOOD et réalisé lui-même INVITATION À LA DANSE en 1956 avec un segment animé. Et c’est avec JACK ET LE HARICOT MAGIQUE que l’artiste referme véritablement la porte de sa grande carrière d’acteur au sein du genre de la comédie musicale classique.
L’année 1967 est également celle de la sortie du LIVRE DE LA JUNGLE de Walt Disney et il est certain que la comparaison ne joue pas en faveur du téléfilm de Gene Kelly, qui ne bénéficie que de modestes moyens et qui, de plus, ne renouvelle pas le genre, préférant au contraire s’appuyer sur les numéros classiques dont l’acteur fut l’étendard, autant du point de vue des chansons que des chorégraphies. Les scènes de comédie musicale de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE souffrent donc d’un aspect vieillot incontestable, là où LE LIVRE DE LA JUNGLE détonne par son registre jazzy en phase avec son époque.
Du côté de l’animation, notre téléfilm n’est pas non plus à la fête avec des incrustations d’acteurs qui montrent très vite les limites du budget et qui sont donc pour le moins assez grossières. On est également très loin du numéro de danse avec la souris Jerry pourtant réalisé vingt ans plus tôt dans ESCALE À HOLLYWOOD, mais qui avait bénéficié de moyens considérables et, parait-il, d’une année entière pour la finaliser ! Ce sont pourtant les mêmes producteurs Joseph & Hanna Barbera que l’on retrouve sur les trois films mettant en vedette Gene Kelly dans des films d’animation.
Un ballet emplumé.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Si l’on est coutumier des comédies musicales du grand Gene Kelly et des films mêlant les acteurs et le dessin animé, si l’on aime la naïveté candide des adaptations hollywoodiennes de contes de fées (voir par exemple cet article), bref, si l’on est sensible à cette forme de spectacle suranné, cette petite excursion télévisuelle, malgré ses défauts, est un délicieux moment de féérie à l’ancienne.
Bien évidemment, c’est Gene Kelly qui tire la couverture à lui dans cette adaptation et, même s’il n’interprète pas le rôle-titre, il s’empare clairement du devant de la scène. Il dirige néanmoins un spectacle à destination des enfants avec sa gaité et sa générosité habituelle, mêlant chacune de ses chorégraphies à tout un bestiaire cartoonesque dans lequel on reconnait parfaitement la patte du studio Hanna-Barbera.
Ce téléfilm enchanta en tout cas l’enfant que je fus dans les années 70, où il fut diffusé à la télé un matin je crois, probablement pendant les vacances, avec un doublage de grande qualité et la voix idéale de Dominique Paturel pour doubler Gene Kelly. La magie qu’il exerça alors sur les tout-jeunes téléspectateurs est sans doute la raison pour laquelle ce film n’est pas totalement tombé dans l’oubli. Sachant qu’il fut par ailleurs le dernier baroud d’honneur de ce génie de l’histoire du cinéma que fut Gene Kelly, avouons qu’il eut été dommage de passer à côté…


Hé ho ! De là-haut !
4) JACK ET LE HARICOT MAGIQUE –
/
(JACK AND THE BEANSTALK – ジャックと豆の木 – JAKKU TO MAME NO KI)
Réalisateur : Gisaburō Sugii
Scénario : Shūji Hirami
Musique : Takashi Miki
Origine : Japon, USA
année : 1974
Durée : 90 minutes
Le pitch : Lorsqu’après les péripéties habituelles (échange de la vache contre les haricots, etc.) le petit Jack et son fidèle chien Crosby se retrouvent devant une tige de haricot magique, et qu’ils voient une petite souris richement habillée les supplier de monter sur la tige avec elle, ils grimpent jusqu’aux nuages.
Arrivés au château du royaume des nuages, une jeune princesse, l’air hagard, leur apprend que ses parents ont été tués par une sorcière et qu’elle doit épouser un prince. Nos héros vont vite découvrir que ce dernier n’est autre que le géant, lui-même fils de la sorcière, laquelle a jeté un sortilège à la princesse…
Dans les années 70, les japonais ont produit ou co-produit un nombre considérable d’adaptations animées de contes populaires ou autres romans pour la jeunesse. On notera par exemple que le grand Hayao Miyazaki lui-même a été animateur-clé sur des films jadis diffusés chez nous comme LE CHAT BOTTÉ (1969) ou LES JOYEUX PIRATES DE L’ÎLE AU TRÉSOR (1971), produits par Toeï Animation.
Cette nouvelle adaptation de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE est une co-production entre le Japon et les États-Unis et elle ne sort pas de la Toeï. Elle est principalement produite par le Group TAC, un studio d’animation japonais dont il s’agit par ailleurs du premier film.
L’histoire adapte librement le conte et y ajoute une sorcière, faisant de cette dernière l’antagoniste principal de cette version. En ressort une atmosphère très étrange et psychédélique, où les aspects celtiques du conte originel côtoient parfois ce genre de manifestations fantomatiques qui, sans qu’il y ait directement de yokaï, flirtent clairement avec cet univers onirique très particulier, propre au folklore extrême-oriental nippon. C’est assurément l’élément le plus original et le plus étonnant de cette adaptation.

L‘étrange rencontre de l’orient et des contes celtiques.
Pour le reste, ce petit film d’animation a tout de même assez mal vieilli, des problèmes de rythme et d’harmonie entre les scènes s’y bousculant tout du long.
Puisqu’il joue lui aussi la carte du conte musical, il est jalonné d’un très grand nombre de séquences chantées et souffre du poids de l’âge à coup de musiques psychédéliques et autres chansons hippies franchement périmées. Non pas qu’il faille comparer tous les films de notre dossier à ceux de Walt Disney, mais on ne peut que constater que cette version, puisqu’elle joue aussi sur le même terrain de la comédie musicale animée, n’en possède pas le charme universel et indémodable. L’occasion est donc immanquable de noter que les productions Disney ont toujours eu une longueur d’avance, pour être gentil, sur le reste de la production animée.
Ici encore, il s’agit clairement de remettre la chose dans son contexte pour l’apprécier un minimum et, même avec beaucoup de bienveillance, on pourra lui trouver une arrière-goût un peu rance, principalement à l’occasion de certains passages chantés franchement indigestes.
Si vous avez jeté un œil à la vidéo ci-dessus, vous avez pu remarquer que le film existe en plusieurs langues. Il existe notamment une version française de très grande qualité (elle n’apparait pas dans la vidéo). Hélas, si celle-ci profite de la voix idéale de Jackie Berger (connue pour avoir doublé à la perfection les rôles d’enfants dans les films et les dessins-animés des années 70 et 80), ainsi que de celle de Sylvie Moreau (la voix de Maléfique dans LA BELLE AU BOIS DORMANT), les chansons sont encore les mêmes que dans la version américaine.


5) JACK ET LE HARICOT MAGIQUE – 
(JACK AND THE BEANSTALK : THE REAL STORY)
Réalisateur : Brian Henson
Acteurs : Matthew Modine, Vanessa Redgrave, Mia Sara, Jon Voight, Richard Attenborough, Darryl Hannah
Scénario : James V. Hart et Brian Henson
Musique : Rupert Gregson-Williams
année : 2001
Durée : 180 minutes
Le pitch : Depuis des siècles, les héritiers de la famille Robinson ne dépassent jamais la quarantaine. Ils sont pourtant à la tête d’un empire industriel qui ne faiblit pas à chaque génération.
Jack Robinson (Matthew Modine) le sait bien, mais il ne s’en soucie guère, si ce n’est qu’il refuse d’avoir un fils pour ne pas l’affubler à son tour de la malédiction.
Lorsqu’un beau jour on déterre le squelette d’un géant mort il y a plus de quatre cents ans, les recherches effectuées au sujet de ce dernier semblent démontrer qu’il aurait été assassiné. Jack va alors découvrir que son ancêtre, qui est jadis allé au royaume des géants en escaladant la tige d’un haricot magique, aurait ramené de là-bas les richesses léguées à sa famille, mais dans des conditions pour le moins condamnables…
Une bande-son soignée pour un téléfilm.
Cette adaptation de 2001 est un téléfilm fleuve de trois heures (initialement diffusé sous la forme d’une mini-série en deux épisodes). Il fait partie de la vague de téléfilms conçus par la société de production américaine Sonar Entertainment (anciennement Hallmark) qui avait inondé le marché de la télé de toute une floppée d’adaptations basées sur les plus prestigieuses histoires de notre patrimoine international. On se souvient notamment des VOYAGES DE GULLIVER (1996), de VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE (1999) ou de DINOTOPIA (2002), diffusés en grande pompe dans l’hexagone.
Cette énième version de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE est une relecture moderne, qui adapte le conte originel avec beaucoup de liberté. On ne s’en plaindra pas car le scénario est vraiment excellent et les auteurs se montrent très inspirés en doublant le récit d’un sous-texte qui mérite franchement le détour. L’idée est de faire réfléchir le spectateur sur la nécessité de savoir interpréter les histoires, en essayant de voir plus loin que la surface des choses afin d’y chercher une morale ou, à tout le moins, en essayant de fonder sa propre opinion. Quand on y pense, c’est bien ce qui fait la richesse des meilleurs contes !
Au scénario, on trouve ainsi James V. Hart et Brian Henson. Si l’on doit au premier un chef d’œuvre avec le script du BRAM STOCKER’S DRACULA de Francis Ford Coppola, le second, fils de Jim Henson (créateur du MUPPET SHOW et de DARK CRYSTAL), a également commis quelques jolies choses, notamment le film NOËL CHEZ LES MUPPETS, une admirable adaptation du conte de Charles Dickens : A CHRISTMAS CAROL, avec Michael Caine.

On retrouve bien les fondamentaux.
Si le fond de notre film est donc d’une grande qualité, d’autant qu’il est servi par un casting haut de gamme, sa forme souffre évidemment de sa production et des limites imposées par le format télévisuel, particulièrement sur le terrain des effets spéciaux. Car en ce tournant des années 2000, si l’arrivée du numérique donnait des ailes à tous les faiseurs de téléfilms, ils n’avaient pas encore les moyens de leurs ambitions ! Les effets spéciaux numériques de cette période, en tout cas en ce qui concerne le domaine de la télé, ont donc particulièrement mal vieilli et rendent le spectacle très indigeste visuellement parlant. Cette version de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE n’y échappe pas et, à la revoir aujourd’hui, il faut être bien indulgent pour passer outre son aspect outrageusement bling bling…
Les spectateurs les plus bienveillants (c’est le cas de votre serviteur) passeront néanmoins un bon moment car, une fois encore, l’ensemble est fort bien écrit et interprété par un casting solide d’où ressortent particulièrement Matthew Modine et Mia Sara en couple vedette, Richard Attenborough et Vanessa Redgrave en patriarches charismatiques, ainsi qu’un Jon Voight veule et cabotin à souhait !
En bref, du bon spectacle familial version “petit écran”, intelligent et doublé d’un sous-texte particulièrement fin. Et ce n’est déjà pas si mal !


La magie Disney. Cette fois c’est pour de bon.
6) JACK ET LE HARICOT MAGIQUE –
/
(JACK AND THE BEANSTALK)
Réalisateur : Gary J. Tunnicliffe
Acteurs : Colin Ford, Christopher Lloyd, Chloë Grace Moretz, Katey Sagal, Chevy Chase
Scénario : Flip Kobler et Cindy Marcus
Musique : Randy Miller
année : 2009
Durée : 95 minutes
Le pitch : Le petit Jack rêve d’être un héros. C’est ce qu’il explique à son instituteur, qui ne le prend pas au sérieux. Jack, dont le père a disparu alors qu’il cherchait lui aussi à devenir un héros, désire prouver sa valeur en troquant sa console de jeu, son objet préféré entre tous, contre trois vulgaires haricots chez un boutiquier exentrique.
Ce n’est que le début d’une quête, à la recherche du sens de la vie…
Cette adaptation étant clairement pensée pour un très jeune public, il convient de le chroniquer en toute connaissance de cause et sans lui reprocher sa candeur et sa naïveté, puisqu’elles font partie des objectifs de départ, d’autant que ce téléfilm est franchement axé sur la comédie, avec des gags et des jeux de mots qui fusent quasiment à chaque minute.
L’ensemble force la sympathie en ne se prenant quasiment jamais au sérieux, si l’on excepte la morale finale dans la droite ligne de l’American Way of Life.
Certaines scènes sont positivement délirantes, aussi bien dans les combats (notamment un affrontement contre un groupe de ninjas armés de… polochons !) que dans les personnages secondaires, avec cette idée surréaliste de flanquer le héros d’un sideckick qui n’est autre que l’oie aux œufs d’or ayant pris forme humaine !
Le casting n’est pas mal non plus avec Christopher Lloyd en instituteur matois et la jeune Chloë Grace Moretz que l’on retrouvera en ado rebelle et louve-garou dans le DARK SHADOWS de Tim Burton, ainsi que dans la saga KICK-ASS où elle interprète la redoutable Hit Girl. Dans le rôle de la mère de Jack, on retrouve également avec plaisir Katey Sagal qui interprétait l’incendiaire Peggy Bundy dans la série culte MARIÉS, DEUX ENFANTS.

Beau casting, jolis maquillages.
L’ensemble du spectacle est soigné, inoffensif et tout à fait divertissant pour le cœur de cible visé. Pour un spectateur adulte, la sauce ne prend qu’à certains moments et l’on a régulièrement l’impression de regarder un produit qui ne nous est pas destiné.
En bref, voilà un téléfilm calibré pour les enfants, qui leur fera découvrir le conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE dans une version drôle et moderne, parfois même un brin racoleuse, sans les traumatiser outre mesure. Un honnête divertissement télévisuel.


Enter Sean Connery !
7) JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS – 
JACK THE GIANT SLAYER
Réalisateur : Brian Singer
Acteurs : Nicolas Hoult, Eleanor Tomlinson, Ewan McGregor, Stanley Tucci, Bill Nighy, Ian McShane, Warwick Davis
Scénario : Christopher McQuarrie, Mark Bomback et Darren Lemke, d’après les contes populaires JACK LE TUEUR DE GÉANTS et JACK ET LE HARICOT MAGIQUE
Musique : John Ottman
année : 2013
Durée : 113 minutes
Le pitch : Au moyen-âge, le royaume de Cloister vit en paix. On raconte aux enfants que, jadis, des géants venus des nuages avaient envahi la terre. Mais une couronne magique, portée par le roi, les aurait fait repartir chez eux.
Nous nous retrouvons bien des générations plus tard : La princesse de Cloister est promise à Roderick, le conseiller du roi, un homme du double de son âge qu’elle n’aime pas, et qui convoite le trône. Celui-ci est à la recherche d’une relique : un sac de haricots magiques, qui lui permettrait de renouer avec les géants. Par une série d’événements inattendus, le petit sac de haricots va échouer en possession d’un jeune fermier rêveur, du nom de Jack…
À l’époque de sa sortie, le film était vendu comme un énorme blockbuster, construit à partir des deux légendes mettant en scène un personnage nommé Jack en prise avec des géants. De fait, il était attendu au tournant.
D’un côté, on pouvait y espérer, enfin, l’adaptation ultime du conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE par une grosse production hollywoodienne là où, jusqu’ici, on ne nous avait finalement donné que des miettes en la matière. D’un autre côté, c’était également l’occasion d’offrir une sorte de remake au merveilleux JACK LE TUEUR DE GÉANTS, un vieux film de féérie qui avait tenté de rivaliser, jadis, avec les films du grand Ray Harryhausen et qui avait bercé l’enfance de tout un tas de cinéphiles portés sur la chose. Enfin, le film était réalisé par Brian Singer, à l’époque un cinéaste de premier plan (mais depuis blacklisté), qui avait enchanté son monde aussi bien dans le cinéma underground avec USUAL SUSPECT que dans le cinéma de genre avec la saga X-MEN, voire avec SUPERMAN RETURNS.
Inutile de dire que le résultat déçut à peu-près tout le monde (il connut un échec retentissant au box-office), puisqu’il ne prit aucune de toutes ces options. Il fut jugé comme un blockbuster raté, un patchwork de mauvais goût ni fait, ni à faire, avec un scénario moisi, des acteurs en roue libre et des effets spéciaux en 3D absolument dégueulasses.
Il fut défoncé de toute part (y compris par votre serviteur), ne correspondant à strictement aucune attente.

Un vrai patchwork !!!
Comme nombre de films de cet acabit, la chose n’a finalement pas si mal vieilli. JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS peut être mis dans le même panier que les films de Stephen Sommers du genre de LA MOMIE ou de VAN HELSING, c’est-à-dire des spectacles pop-corn généreux et décomplexés comme il en pleuvait à l’époque, qui exaspéraient les cinéphiles exigeants par leur manque de consistance, mais qui, avec le recul, ont fini par gagner quelques étoiles grâce à cette générosité invoquée. Certes, ce dernier élément ne constitue en rien un gage de qualité artistique mais, d’un simple point de vue divertissant, il apporte un gain de sympathie incontestable.
Au niveau de l’adaptation, nous sommes ici en roue libre et le conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (aussi bien que celui de JACK LE TUEUR DE GÉANTS) n’est qu’un prétexte pour profiter, à l’époque, des effets spéciaux 3D qui permettaient alors tous les excès (il sort en même temps que la trilogie du HOBBIT), pour peu qu’on ferme les yeux sur le bon goût de la chose.
Le casting du film a été critiqué mais force est de constater qu’il est extrêmement sympathique. Si l’incontournable Bill Nighy (qui interprète alors tous les méchants en images de synthèse des gros blockbusters hollywoodiens) est méconnaissable en chef de l’armée des géants, Ewan McGregor crève l’écran en valeureux chevalier pince sans rire. Son rôle trahit par ailleurs le désir évident, de la part de Brian Singer, de réaliser une pure comédie, une parodie des contes de fée dans la lignée d’un PRINCESS BRIDE, le film culte de Rob Reiner.
Dans le rôle-titre, Nicolas Hoult sera vivement et injustement critiqué. On le reverra heureusement revenir doucement sur le devant de la scène, notamment dans le très réussi NOSFERATU de Robert Eggers.

À l’arrivée, soyons honnête : Nous sommes ici bien loin d’une comédie assumée et réussie comme le fut en son temps PRINCESS BRIDE. Et le film de Brian Singer, s’il bénéficie du temps qui passe pour affiner son capital sympathie, n’est pas près de figurer au rang de chef d’œuvre du genre. Et l’on se dit que l’on est toujours en quête de l’adaptation définitive du conte de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE. Une histoire qui aura bercé notre enfance et nos rêves de cinéphiles, sans finalement jamais avoir pris corps de manière définitive.
Il nous reste cette poignée d’adaptations pour rêver encore, en fantasmant indéfiniment et, sachant que le fantasme n’est jamais aussi intense que tant qu’il reste à l’état de fantasme, toute ne va finalement pas si mal…

Bonus : LOONEY TUNES !
En 1943, 1955 et 1957, la Warner Bros et ses Looney Tunes offrirent trois courts métrages d’animation sur le thème de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE. Il y eut d’abord JACK WABBIT AND THE BEANSTALK réalisé par Friz Freleng en 1943, puis plus tard BEANSTALK BUNNY en 1955, réalisé par Chuck Jones, avec également les personnages de Daffy Duck (dans le rôle de Jack) et Elmer Fudd (dans le rôle du géant), et enfin TWEETY AND THE BEANSTALK en 1957, de nouveau réalisé par Friz Freleng.
Ces trois cartoons, survoltés comme tous ceux de leur genre, n’adaptent le conte que de loin et, en quelques minutes, ne font surtout que le transformer en délire visuel.

Trois versions d’un même conte, de plus en plus flashy !
Une vingtaine d’années sépare le premier film des deux autres et le résultat est très différent. Le plus connu est certainement le second. On pourra se souvenir tout particulièrement de ce passage, totalement surréaliste, où les personnages de Bugs Bunny et Daffy Duck se promènent dans la tête du géant (Elmer), une tête parfaitement vide à l’intérieur !
Quoiqu’il en soit, ces petits dessins-animés auront marqué bien des générations et nous auront également démontré qu’au rayon des adaptations des grands classiques, il n’y a pas de limites au changement et au délire.
Nous terminons ainsi notre article en attendant la prochaine adaptation, en bonne et due forme, de notre conte du jour…

Dans les yeux d’Elmer…
THAT’S ALL, FOLKS !!!

Merci pour ce panorama ! Je n’ai guère vu que le Gene Kelly, et je ne me rappelle justement que de cette séquence Flamenco avec les piafs.
Merci du passage JB !
Comme dit dans l’article j’ai découvert la version Gene Kelly quand j’étais tout gamin et, forcément, elle m’avait marqué !
C’est sans conteste la raison d’être de cet article !