CORTO MALTESE : SOUS LE SIGNE DU CAPRICORNE + CORTO TOUJOURS UN PEU PLUS LOIN

* AU FIL DE L’EAU *


Le début du nouveau feuilleton. Bienvenue au Pr Steiner.

Deux versions, au choix.


Les deux versions d’une même planche. On apprécie le magnifique travail de contraste entre le noir et blanc sur la première, objectivement la plus puissante des deux, mais on peut aussi se laisser séduire par la douce sensation exotique de la version couleur, plus consensuelle.

Une aventure qui donne leur place aux femmes, avec notamment l’entrée en scène de la mystérieuse Bouche Dorée…

Voyage, voyages…

Hugo Pratt a t-il progressé dans le mouvement ?

L’art de faire parler la poudre avec les deux irrésistibles premières pages de l’épisode LA CONGA DES BANANES !

Tristan, Steiner et Corto, devant l’Église Notre-Seigneur-de-la-Bonne-fin de Salvador de Bahia.

Quand Tristan rêve, il est possible qu’il soit au contraire dans une réalité parallèle…

Corto Maltese : il aime autant conquérir les trésors perdus que le cœur des femmes. Mais sa nature de héros libre de toute attache l’oblige sans cesse à y renoncer…

L’adaptation animée de SOUS LE SIGNE DU CAPRICORNE.

Inimitable.

7 thoughts on “CORTO MALTESE : SOUS LE SIGNE DU CAPRICORNE + CORTO TOUJOURS UN PEU PLUS LOIN”
  1. J’ai une affection particulière pour les 21 nouvelles parues dans PIF, c’est à mon sens une sorte de kaléidoscope sautillant entre aventure historiques, oniriques et folklorique ou encore de guerre sans que jamais l’équilibre entre tous ces éléments soit mis à mal, c’est toujours revigorant à lire, c’est amusant, intelligent….
    Je fais quand même un peu parti des puriste. Le dessin de Pratt perd beaucoup de son pouvoir d’évocation en couleurs, le soleil parait moins brûlant, les noyades moins éprouvantes et l’onirisme plus banalisé…
    Je ne critiquerais pas le travail effectué, mais le résultat ne fascine pas. Les deux supports doivent cohabiter.
    C’est très bien pensé d’ajouter la comparaison à la version animée avec ces listes pour qu’on puisse s’y retrouver
    Penser à tous, c’est une vertu qui devient précieuse au fur et à mesure qu’elle se raréfie.

    1. Je prends un panard assez incroyable à relire tout ça. c’est encore plus beau et riche que dans mes souvenirs, entendu que ma culture et ma capacité à emmagasiner la somme et la richesse de ces épisodes se sont logiquement étoffées avec les années passées. Je relis le tout avec la clé de lecture que j’ai gagnée la première fois que je l’ai fait, et je bénéficie en plus d’autres clés que le sieur Pratt a dissimulé entretemps pour le lecteur aguerri qui va y revenir…
      C’est définitivement pour moi la meilleure série de tous les temps avec TINTIN.

      Pour la question du purisme je crois que j’ai la capacité de passer outre. Quand je lis les planches, je vois le noir et blanc dans la couleur, et la couleur dans le noir et blanc… Je suis très sérieux : J’affirme que je vois ce que j’ai envie de voir selon les planches ou les vignettes, en choisissant d’évacuer ce qui me dérange. C’est aussi pour ça que je dis souvent que lire une BD est très long pour moi : Je conceptualise complètement ma lecture.

  2. Bonjour Tornado,

    Cette deuxième partie ne s’est pas faite attendre.

    Ça ne faisait aucun doute dans mon esprit que j’avais besoin d’un passeur pour envisager de retenter la lecture de Corto Maltese, et cet article en est une nouvelle preuve patente. Cette conviction et cette évidence sont encore renforcées par une remarque dans ta réponse à Eddy :

    […] entendu que ma culture et ma capacité à emmagasiner la somme et la richesse de ces épisodes se sont logiquement étoffées avec les années passées.

    C’est un ressenti que j’éprouve de temps à autre après une lecture : que mon appréciation en aurait été fort différente si je l’avais faite il y a quarante ans, trente, vingt ou même dix.

    Un long feuilleton, exactement à la manière du précédent, découpé en onze épisodes au total – Je me demandais justement pour quelle raison tu avais choisi de commenter ces deux tomes ensemble, comme un tout. C’est toujours édifiant de voir comment les conditions d’édition (ici par chapitre dans Pif Gadget) influent sur la forme de l’œuvre (ici sa forme sérialisée).

    […] de fort belles éditions en couleur avec un gros travail rédactionnel présentant chaque aventure en les agrémentant de commentaires – Est-ce que ce gros travail rédactionnel se retrouve maintenant dans les éditions noir & blanc ?

    Il ne s’agit pas ici de préférer une version à l’autre […] Quand je lis les planches, je vois le noir et blanc dans la couleur, et la couleur dans le noir et blanc… – Très intéressant comme réflexion sur cette colorisation et ta capacité en voir l’une dans l’autre. Je crois que je vois ce que tu veux dire avec le noir & blanc qui peut produire une sensation de couleurs.

    Tout ceci forme un long et unique récit : je présume que de le savoir modifie la réception de l’œuvre pour le lecteur qui passe d’un recueil de nouvelles à un long roman.

    Une tête surnageait la plupart du temps au milieu d’une tonne de phylactères (ce qui dénotait pour le coup un degré assez pauvre de conception séquentielle) – À nouveau, ça fait plaisir de voir les choses dites, et de découvrir que le bédéaste progresse, et qu’il en va autrement dans la suite de son œuvre.

    Afin que les personnages s’expriment aussi bien par la voix que par le corps. – Après des milliers de pages de comics et de bande dessinée, cette capacité me saute maintenant aux yeux, la différence entre l’alternance de champr / contrechamp, ou une vraie mise en scène.

    La recherche du trait unique et de l’aplat de noir […] l’artiste va parvenir à contrebalancer ces travers par une certaine poésie et un humour propre […], en faisant de sa faiblesse une force par le style affirmé. – Je suis très admiratif des grands mangakas qui parviennent à ce degré d’expressivité dans leur trait unique.

    Je reviens plus tard pour le fond.

  3. Merci pour ce retour extrêmement gratifiant ! Et dire qu’il va y’en avoir un autre ! 🙂

    Je n’ai pas vérifié les dernières versions en NB. Mais il me semble que ce rédactionnel substantiel ne soit que dans les versions couleur. Ce sont des éditions cartonnées luxueuses qui sont sorties un peu après le décès de Pratt. L’éditeur avait mis le paquet pour en faire des éditions vraiment bien chargées (offrant ainsi une certaines « assise » au choix de la couleur, qui allait forcément être reçu comme une hérésie par les puristes). C’est bourré de bonus en première partie, comme Casterman l’a fait aussi pour les éditions spéciales des albums de Tintin.

  4. Les récits sont truffés d’éléments historiques, géographiques et ethniques relatifs aux pays visités, doublés de tout un tas de références littéraires : je pense que je n’avais pas le niveau quand j’ai commencé à lire ces histoires, voire que j’ai peut-être été inconsciemment marqué par leur hermétisme si j’en avais lues dans Pif Gadget, ce que je ne saurais affirmer, mais ce qui expliquerait ma réticence à y retourner.

    On ne se rend pas compte à quel point les histoires de Corto Maltese sont profondément documentées. – Pour moi, cela produit un étrange effet : lire une histoire au cours de laquelle les personnages font des allusions qu’eux seuls semblent comprendre, ou des événements qui surviennent de manière arbitraire, qui font sens pour les personnages, mais pas pour moi. Je me souviens que la lecture, il y a deux ans, de La macumba du gringo et À l’ouest de l’Éden m’avait conduit à lire et à relire les pages wikipedia correspondants aux événements historiques pour comprendre des récits, qui sinon me restaient hermétiques. D’ailleurs, le premier se déroule au Sertao, ce qui fait que j’ai beaucoup plus facilement copris Caatinga d’Hermann quand je l’ai lu quelques temps après.

    https://les-bd-de-presence.blogspot.com/2024/07/jesuit-joe-et-autres-recits.html

    Dimension religieuse des régions visitées […] toutes ces croyances et ces folklores endémiques – Je suis curieux de découvrir quel parti pris a retenu Hugo Pratt pour parler de religions, en particulier celles considérées comme des croyances naïves de la part des occidentaux.

    1. Hugo Pratt se sert la plupart du temps des religions pour plonger dans le fantastique. Il les utilise pour leur potentiel magique. Il illustre littéralement leur contenu mystique. Il profite de leur folklore mais il leur apporte aussi beaucoup de substance. Il leur donne une résonnance particulière, originale et très personnelle. Il les dilue dans son univers.

      Je me souviens très bien de ton article avec Barbuz sur JESUIT JOE. Il m’avait directement poussé à m’offrir l’album, également édité dans une très belle version en couleur.

    2. Quand j’étais gamin, j’au du avoir je pense, une sorte de démarche inverse.
      je ne trouvais pas ses récits hermétiques mais une véritables invitation au voyage, comme le Tristan Bantam, je découvrais énormément de choses
      Je prenais pour acquis totalement les histoires mises en scènes par Pratt, tout en découvrant peu à peu comme par couches successives, à quel point il se servait de son vécu pour décrire au plus près du réel, les événements et les contextes historiques. Cet homme a vécu en Ethiopie, au brésil etc… il est vraiment imprégné de sa propre expérience, ses propres observations des gens…

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