
* MASTER OF HORROR *
Contenu du dossier :
Les publications Warren dans les années 60 et 70
Genre : Fantastique, Horreur, thriller
Éditeur : Delirium (Éditeur VO : Dark Horse)
Le dossier en 6 parties :
1. CREEPY
2. EERIE
3. VAMPIRELLA
4. EERIE & CREEPY PRÉSENTENT Richard Corben
5. CREEPY & EERIE PRÉSENTENT Bernie Wrigthson (vous êtes ici)
6. EERIE & CREEPY PRÉSENTENT ALEX TOTH

Bernie Wrightson prend manifestement un grand plaisir à venir chez le cousin Eerie et chez l’oncle Creepy…
Ce dossier en six parties portera sur les trois magazines phares de l’éditeur Warren Publishing. Soit CREEPY, EERIE et VAMPIRELLA. Des magazines qui furent publiés entre 1964 et 1983, et qui étaient spécialisés dans la bande-dessinée d’horreur.
De manière plus précise, les articles se focaliseront sur le premier tome de chaque anthologie publiée par l’éditeur VF Delirium, qui nous offre, lentement, une série d’albums splendides.
Notons que Delirium a parallèlement publié des albums dédiés à un artiste en particulier ayant fait les beaux jours des magazines CREEPY et EERIE, comme Richard Corben, Bernie Wrightson ou encore Alex Toth !
Ce quatrième article est donc dédié à la compilation EERIE & CREEPY PRÉSENTENT BERNIE WRIGHTSON.

Bernie aime… Edgar Alan Poe !
C’est donc au tour de l’immense Bernie Wrightson d’occuper le devant de la scène dans cette collection de l’éditeur Delirium, dans un recueil splendide, idéal pour les fans de ce grand nom du comic-book des années 70.
Rappelons q’entre 1971 et 1974, Bernie Wrightson s’était fait connaitre grâce à la série SWAMP THING de l’éditeur DC Comics, dont il fut le co-créateur avec le scénariste Len Wein. Une série déjà bien axée sur le volet horrifique.
Paradoxalement, la découverte de ce nouveau volume des éditions Delirium puisé dans le catalogue des publications Warren est frustrante. En effet, ce dernier album, en plus d’être un tome unique n’appelant pas de suite, s’impose comme le recueil le moins épais (seulement 140 pages !) de toute la collection dédiée aux publications Warren par l’éditeur Delirium depuis son lancement…
Séparé en trois parties distinctes (- 1) Les histoires de CREEPY, – 2) Les histoires de EERIE, – 3) Galerie de frontispices et d’illustrations), il ne nous offre que douze épisodes, dont neuf seulement sont entièrement dessinés par Bernie Wrightson, puisqu’il n’effectue que l’encrage sur les trois autres (dont deux sont dessinés par Carmine Infantino, et le troisième par Howard Chaykin). Et l’on se sent donc frustrés de ne voir que si peu d’épisodes réalisés par le maître (d’une moyenne de huit à dix pages seulement !), qui n’aura finalement que peu œuvré au sein des publications Warren…

L’art du clair obscur.
Pour autant, ce livre vaut tout de même son pesant de cacahuètes car il nous permet d’admirer les splendides planches de Bernie Wrightson en format géant !
Se succèdent ainsi une poignée d’épisodes issus de CREEPY écrits par le scénariste Bruce Jones, excellent auteur de comics et ami intime de Mr Wrightson (il signe d’ailleurs la préface de l’album) ; deux épisodes écrits par Bill DuBay, un autre par Nicola Cuti et un dernier par Budd Lewis. Pour terminer, Bernie Wrightson réalise tout seul (dessin et écriture) une adaptation d’Edgar Allan Poe (LE CHAT NOIR), une adaptation d’H.P. Lovecraft (L’AIR FROID) et deux derniers épisodes originaux respectivement intitulés LE MONSTRE DE PEPPER LAKE et LE MONSTRE DE BOUE (THE MUCK MONSTER), ce dernier récit étant une réinterprétation du célèbre roman de Mary Shelley : FRANKENSTEIN OU LE PROMÉMÉTHÉE MODERNE. Il est d’ailleurs important de noter cette première déclaration d’amour de Bernie Wrightson pour la figure du monstre de Frankenstein (étrangement le seul épisode en couleur présent dans le recueil), puisqu’il y restera attaché tout au long de sa carrière, au point de livrer une version illustrée du roman, ainsi que, à la fin de sa vie, une suite sous la forme d’une série de comics : FRANKENSTEIN, LE MONSTRE EST VIVANT.

Le magnifique tableau final du CHAT NOIR, par Bernie Wrightson.
Pour le reste, que dire ? Dans la lignée de Frank Frazetta (l’influence de ce dernier se faisant furieusement ressentir), l’art de Bernie Wrightson est un incomparable et virtuose tour de magie noire à la séduction aussi vénéneuse que surannée ! Vénéneuse car les récits illustrés par l’artiste sont d’une noirceur abyssale (l’épisode intitulé JENIFER, écrit par Bruce Jones (il sera adapté en 2006, par Dario Argento dans la série TV MASTERS OF HORROR), est un cauchemar absolu !) et qu’ils exhalent un parfum putride, viscéral et décomplexé ! Suranné car cette imagerie fait désormais partie du patrimoine horrifique d’une épouvante datée et vintage, dont les oripeaux sont désormais liés aux clichés d’une époque révolue.
Le style narratif de l’ensemble est certes assez naïf mais certains passages tiennent encore bien la route, du fait d’un parti-pris adulte et sans concessions, qui protège l’ensemble d’une tonalité trop régressive comme on peut la trouver dans d’autres comics de l’époque, notamment ceux dans lesquels sont publiées les histoires de super-héros. On peut même dire que, dans l’ensemble, les récits compilés dans cette anthologie font partie des meilleurs et des plus impressionnants parmi tous ceux qui furent publiés à l’époque, bénéficiant effectivement du style de Mr Wrightson, grand maître de l’horreur en bandes-dessinées…

JENIFER : Une histoire dont vous ne ressortirez pas indemnes…
Quand nous étions petits ou jeunes ados, dans un autre temps (les années 70, les années 80…), ces anthologies de l’éditeur Delirium n’existaient pas, mais certains épisodes de CREEPY, de EERIE et de VAMPIRELLA étaient publiés dans des revues éparses.
Dans les trois premières parties de notre dossier, nous avons vu que des revues CREEPY, EERIE et VAMPIRELLA avaient été publiées en VF aux éditions Publicness au début des années 70. Étant donné que les épisodes réalisés par Bernie Wrightson au sein des publications Warren ne sont pas nombreux, il faut chercher les rares numéros de CREEPY et VAMPIRELLA (et aucun d’EERIE !) qui en proposent.
Au début des années 80, certaines histoires dessinées par Bernie Wrightson chez Warren Publishing ont eu droit à une publication VF. Aux éditions Neptune, on trouve par exemple LE CHAT NOIR dans le recueil EDGAR POE, au milieu d’autres épisodes réalisés par Richard Corben. On trouve aussi d’autres épisodes de Bernie Wrightson dans le recueil PRESQUE HUMAINS édité par Futuropolis.

La première déclaration d’amour de Bernie Wrightson pour la figure du monstre de Frankenstein
That’s all, folks !!!
