LA MAGIE DE LA CONFISERIE

Sorti en 1971, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, adapté du roman éponyme de Roald Dahl, appartient à cette catégorie de films qui semblent traverser les décennies sans jamais perdre leur pouvoir de fascination. Plus d’un demi-siècle après sa sortie, il continue de séduire, preuve que les véritables classiques échappent aux ravages du temps.

Le monde de Charlie

Ah, ça n’a pas démarré comme ça pour les vraies Wonka Bars

Des personnages aux réactions ridicules, une hystérie de masse avec la vente aux enchères de la dernière boite de Wonka bars

En surgissant mystérieusement auprès de chacun des gagnants, où qu’ils soient dans le monde, l’inquiétant Slugworth introduit déjà le surnaturel dans le film.

La mythique usine, silencieuse et à l’allure abandonnée, véritable source de mystère

Qui est Willy Wonka ?

Qu’est-ce qui lui passe par la tête à cet olibrius ?

Un passage lunaire où Wonka a l’air d’un fou

Gene Wilder et tout son panel d’émotions

Une chocolaterie tantôt enchanteresse, tantôt industrielle

Comptines des Oompa-Loompa

Grand père Joe, entre figure paternelle cool et éternel enfant se moquant des règles

Rien à faire, je préfère ce gars là avec ses bizarreries subtiles (voyez le mobilier coupé en 2 que le film met à peine en évidence, laissant le spectateur s’en amuser, ou pas ?)

D’autres versions pour les curieux

Le film n’a eu droit à aucune édition blu-ray française à ma connaissance, mais de nombreuses éditions US disposent de la piste audio française et des sous titres tout en étant region free, telle la 40th Anniversary Ultimate Collector’s Edition sortie en 2011, ou la nouvelle remasterisation 4k de 2023. Cherchez le donc plutôt avec le titre en VO.

Éh ! Ce n’est pas pour rien si c’est le Wonka de Gene Wilder qui vous invite sur l’accueil de C.A.P

3 thoughts on “CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE – 1971”
  1. Il est très chouette, ton article ! Merci.
    Tu fais bien de mettre en avant le contraste entre la « réalité » de l’univers où existe Charlie et le côté très décalé et à la limite du crédible de Willy Wonka et de sa chocolaterie. Cette opposition est précieuse pour le spectateur lambda dans mon genre, qui passe souvent à côté de certaines subtilités ; lui permettant de plus facilement fonctionner à la démonstration. J’avais complètement zappé le côté gaga négatif du grand-père -ou ne m’en souvenais plus : c’est en effet particulièrement âpre, comme commentaire sur « la sagesse » supposée des ainés.
    Ce décalage est un artifice de mise en scène qui vaut quel que soit le médium : de Ross Andru à John Byrne, les artistes ayant offert des décors crédibles aux acrobaties de nos Super-Héros (réalistes ou pas, du moment qu’ils sonnaient « vrais ») ont ainsi infusé une réalité assez immédiate aux personnages, un fond d’une épaisseur logique suffisante sur lequel ils pouvaient acquérir une dimension immédiatement acceptable d’êtres vivants. Le contraste, au sein de n’importe quel langage, c’est la clé !
    Je n’ai vu ce film qu’adulte (et plutôt vieux que jeune !), avec un à-priori rétif vis-à-vis de Gene Wilder, qui possède une aura plutôt rafraichissante -et, fatalement, particulièrement bien exploitée dans cette œuvre. La permanence de la tristesse de son regard, en violent (pour moi) contrepoint de l’énergie des enfants, au sein de ces scénettes visuellement noyées de guimauve (assaisonnées d’un peu-beaucoup de vinaigre, quand même…) provoque un malaise d’autant plus sournois qu’on ne sait jamais vraiment où il nous amène, le monsieur… Et les gosses non plus, d’ailleurs.
    La bande-son est très chouette, mais elle aussi provoque un inconfort, que ce soit par ses parti-pris purement sonores : la « déconstruction » mélodique et rythmique du thème chanté par Wilder, ainsi que les sons surprenant qu’on y entend ; ou encore les vérités pas rigolotes du tout, assénées (en chanson !) par ces êtres loufoques, dont les mines n’expriment pas non plus les joies les plus légères -loin s’en faut. Merci aussi pour l’extrait, qui m’a bien remis en tête le franc-parler de leur propos.
    Comme toi, je regrette le temps -pas si éloigné…- où un artiste avait la liberté de critiquer franchement un système de valeurs, même aussi perenne et « sacré » que celui de l’éducation parentale.

    Je trouve le film complètement hors-normes, et pas seulement dans sa réussite objective en tant que long-métrage. À rapprocher peut-être dans ses demi-tons volontaires d’un « Les 5000 Doigts Du Dr T. », pour cette approche décalée entre ce qui est présenté et ce qui est effectivement « dit », au sein d’un conte supposément écrit pour les enfants (!) ; les deux provocant un malaise très persistant -beaucoup plus subtil pour le premier (et je reconnais volontiers la justesse du choix de Gene Wilder pour le rôle), le second valant surtout pour ses visuels.
    À propos de visuels, il ne me reste rien de la version de Burton, par contre, vue à la suite de celui-ci, histoire de me « culturer » un peu. Mais l’histoire prime toujours sur les effets, pour moi. Burton est un spécialiste de l’overdose et, malheureusement pour moi, je me noie très facilement.
    Ah ! Si : les dents archi-blanches de Johnny !

    1. Merci de ton retour. Et je suis assez content que tu relèves cet inconfort bizarre et ambigu. Wilder c’est un mec qui peut sourire en ayant les yeux tristes. Il est vraiment chouette dans le rôle. Bon le film semble t’avoir fait un plus gros effet encore qu’à moi mais au moins je suis pas fou en relevant l’efficacité du contraste, l’humour à froid limite british, etc.

      Je n’ai toujours pas vu les 5000 doigts du docteur T donc je ne peux confirmer ou infirmer ce que tu dis. Faut que je le voie, Tornado m’en a parlé et je l’ai même mentionné dans mon article sur LE CABINET DU DR CALIGARI (sans l’avoir vu…la honte !)

      Perso j’ai d’abord vu la version de Burton. Et souvent la version que je vois en premier d’un film est celle que je vais préférer. Sauf que non là, trop de CGI, une atmosphère trop « pop » avec les musiques, et je trouve Depp pas du tout sympathique ou ambigu en fait. Il insulte limite les gosses comme ça sans filtre en disant qu’il hait les enfants (béh pourquoi tu leur ouvres ta chocolaterie alors, mec ?)

      Bref tout est pour moi beaucoup plus subtil dans ce film original et du coup plus étrange, plus poétique aussi, et Wonka plus mystérieux.

  2. Oui : les CGI, c’est rarement poétique -et d’ailleurs, ça la tue, la poésie, la plupart du temps (y’a qu’à voir La Jeune Fille De L’Eau, de Shiabadabada…). En fait, pour la version de Burton (et sûrement à cause de mon esprit mal tourné…), j’ai trouvé que Johnny Deep avait un je-ne-sais-quoi de Michael Jackson, tel que je me l’imagine dans sa version la plus décolorée… Du coup, si malaise il y a eu en visionnant le film, ça venait plutôt de cette association d’idées ; mais c’est très subjectif, comme point de vue.
    Dans mon souvenir -mais ça date !-, « Les 5000… » est un peu moins bien rythmé, voire un peu mou, peut-être. Mais ça n’est pas une œuvre vide de sens pour autant. Au moins, c’est souvent très beau, en tous cas -dans un esprit théâtral.

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